Article révisé par les pairs
Résumé : Dans la perspective d’une acculturation – très – précoce aux discours de recherche, cet article propose une réflexion sur ce qui sera décrit comme une approche didactique intégrée, contextualisée et immédiate pour entrer en littéracie scientifique et développer le plus tôt possible des compétences lecturales adéquates chez les étudiant·es primo-arrivant·es.Pour ce faire, j’analyserai tout d’abord un dispositif de formation aux discours universitaires tel qu’il était organisé pour les étudiant·es de la filière Information et Communication de l’Université libre de Bruxelles. Ce dispositif permet une entrée dans les discours de recherche par un travail d’analyse et de comparaison entre différents supports, avec un focus sur la lecture et l’appropriation fine du contenu des textes. Je proposerai ensuite une piste didactique destinée à atténuer la rupture littéracique entre le secondaire et l’université. Ce dispositif remodelé propose de tenir davantage compte des pratiques des étudiant·es et des compétences lecturales acquises par ces dernier·es en fin d’études secondaires. À cet égard, le genre de l’essai semble être une porte d’entrée intéressante. Il partage en effet des codes et des caractéristiques avec l’écrit de recherche et il permet également de construire un continuum élargi pour les étudiant·es, familiarisé·es au genre. L’essai peut non seulement servir de déclencheur – puisqu’il s'agit d'un genre scolaire prescrit – à une réflexion sur les discours universitaires disciplinaires, mais aussi de support intéressant pour une première approche de l'écrit scientifique. En effet, une analyse comparative de ces deux genres de discours – l’un connu, l'autre pas, mais présentant des points communs – permet d'entrer dans un nouvel univers énonciatif en évitant un apprentissage souvent vécu comme brutal.