Résumé : Parmi les difficultés d’apprentissage ayant fait l’objet de nombreuses recherches en sciences de l’éducation et en didactique, les préconceptions ou théories naïves ont le plus souvent été considérées comme des structures mentales à abolir pour permettre aux apprenants d’assimiler les enseignements. Malgré la pluralité des approches et de l’abondance des définitions que la littérature présente à leur sujet, les moyens pratiques mis à disposition des enseignants pour dépasser ce problème, particulièrement dans le supérieur, restent marginaux et le plus souvent abstrait. En réponse à cette nécessité dans nos pratiques d’enseignant, nous avons proposé une représentation des savoirs par ce que nous avons appelé le Formalisme du Domaine de Validité (FDdV). Ce dernier offre la possibilité de représenter graphiquement et simplement le savoir à transmettre et la préconception qui lui est associée pour ensuite en dériver des énoncés permettant de travailler les préconceptions des étudiants directement en classe. À l’occasion d’un projet de mémoire (Élias Boukhatem), nous avons pu éprouver cette approche dans un cours de probabilité dispensé par le département de mathématiques de l’Université Libre de Bruxelles (première année de bachelier). Cette expérimentation a fait émerger des observations significatives confirmant l'importance de mener des recherches en didactique plus approfondies pour lutter contre les préconceptions, et en particulier sur l'efficacité du FDdV dans l'identification et la résolution de ces préconceptions chez les étudiants.