Résumé : This doctoral thesis, entitled Multidimensional Analysis of the Burden of Rare Diseases: The Case of Spinal Muscular Atrophy, examines how innovation in rare diseases emerges, becomes accessible, and translates into tangible outcomes for patients. Through four interconnected work packages, the project integrates regulatory science, health economics, policy analysis, and neuropsychology to develop an evidence-based framework for equitable and sustainable rare-disease innovation.The first part investigates early access disparities for transformative therapies across the United States, Europe, Japan, and China, showing that unequal timelines in clinical trial activation, regulatory review, and reimbursement are not scientific inevitabilities but consequences of governance design and fragmented coordination. The emblematic case of Zolgensma® and the experience of Pia in Belgium reveal how systemic misalignments between authorization, pricing, and access generate inequities in life-saving treatment availability.The second part quantifies the global and national economic burden of SMA and evaluates strategies to ensure fiscal sustainability. It includes a Belgian cost-of-illness study using patient-reported data, a budget impact analysis comparing Zolgensma® and Spinraza®, and cost-based pricing models for orphan drugs. These studies demonstrate that transparent economic frameworks integrating direct, indirect, and societal costs can improve both affordability and accountability.The third part addresses the 95 percent of rare diseases without specific treatment by analysing drug repurposing and societal participation as complementary innovation pathways. Using a manually curated FDA dataset of 1,400 NDAs and BLAs (1985–2025) and a systematic review of 24 studies, it identifies regulatory and policy conditions that enable successful repurposing. It also develops a typology of patient roles (Initiator, Accelerator, Translator, and Monitor) showing that collective engagement is a functional component of orphan-drug development.The fourth part extends evaluation beyond survival and motor outcomes to cognition and communication. Combining a systematic review and an original empirical study conducted at HUDERF, it validates a new non-verbal eye-tracking tool for assessing cognition in children with SMA, establishing a basis for inclusive post-treatment outcome measurement.Taken together, the findings articulate a shift from a system centred on life-saving innovation to one that is life-shaping, advocating regulatory alignment, cost transparency, participatory research, and inclusive evaluation. This multidimensional model contributes to bridging the gap between biomedical progress and social justice in the field of rare diseases.
Cette thèse de doctorat, intitulée Analyse multidimensionnelle du fardeau des maladies rares : le cas de l’amyotrophie spinale, étudie comment l’innovation dans les maladies rares émerge, devient accessible et se traduit en bénéfices concrets pour les patients. À travers quatre volets complémentaires, le projet combine science réglementaire, économie de la santé, analyse des politiques publiques et neuropsychologie afin de proposer un cadre intégré et fondé sur des preuves pour une innovation dans le domaine des maladies rare plus équitable et durable.La première partie analyse les disparités d’accès précoce aux thérapies innovantes aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine, et montre que les inégalités de délais dans les essais cliniques, les autorisations réglementaires et les remboursements ne relèvent pas de la science mais d’une gouvernance fragmentée. L’exemple de Zolgensma® et le parcours emblématique de Pia en Belgique révèlent comment la dissociation entre autorisation, prix et accès peut générer une inégalité d’accès à des traitements vitaux.La deuxième partie quantifie le fardeau économique mondial et national de la SMA et évalue les leviers de soutenabilité budgétaire. Elle comprend une étude de coût de la maladie en Belgique fondée sur des données déclarées par les patients, une analyse d’impact budgétaire comparant Zolgensma® et Spinraza®, ainsi que des modèles de tarification fondés sur les coûts réels. Ces travaux montrent que des cadres économiques transparents, intégrant les coûts directs, indirects et sociétaux, peuvent renforcer à la fois l’équité et la viabilité financière.La troisième partie s’intéresse aux 95 % de maladies rares dépourvues de traitement spécifique, en étudiant le repositionnement thérapeutique et la participation sociétale comme leviers d’innovation complémentaires. À partir d’une base de données manuelle de 1 400 autorisations FDA (1985-2025) et d’une revue systématique de 24 études, elle identifie les conditions réglementaires et politiques favorisant le succès du repositionnement. Elle propose également une typologie fonctionnelle des rôles sociétaux (Initiateur, Accélérateur, Traducteur et Observateur) montrant que l’engagement collectif constitue un pilier du développement des médicaments orphelins.La quatrième partie élargit l’évaluation au-delà de la survie et de la motricité, en intégrant la cognition et la communication. Combinant revue systématique et étude expérimentale originale menée à l’HUDERF, elle valide un outil non verbal d’évaluation cognitive par eye-tracking chez des enfants atteints de SMA, ouvrant la voie à des évaluations inclusives post-traitement.Dans son ensemble, la thèse propose un changement de paradigme : passer d’un système centré sur l’innovation vitale à un système façonnant la qualité de vie. Elle plaide pour une harmonisation réglementaire, une transparence économique, une participation sociétale accrue et une évaluation élargie des bénéfices thérapeutiques. Ce modèle multidimensionnel relie progrès biomédical et justice sociale dans le champ des maladies rares.