Résumé : Cette thèse analyse la conception et l'évolution d'un dispositif hybride d'accompagnement intégré à un cours de physique de première année universitaire (bachelier en ingénieur de gestion, Université libre de Bruxelles), caractérisé par des cohortes de plusieurs centaines d'étudiants. Le dispositif, inspiré de la classe inversée et appliqué aux séances d'exercices du premier quadrimestre, articulait deux volets complémentaires : des parcours en ligne sur Moodle, structurés autour de la résolution guidée de problèmes, et des séances présentielles en sous-groupes centrées sur des problèmes d'anciens examens. L'objectif était de renforcer la continuité entre théorie et pratique, de favoriser un travail régulier, de soutenir l'autonomie en résolution de problèmes et de clarifier les attentes pédagogiques.Ancrée dans le cadre du Scholarship of Teaching and Learning (SoTL), la recherche a adopté une démarche itérative en contexte authentique. Ainsi, quatre itérations annuelles successives (de 2021-2022 à 2024-2025) ont permis d'ajuster le dispositif à partir de données de terrain. Les analyses ont mobilisé des sources quantitatives et qualitatives complémentaires : traces d'activité sur Moodle, questionnaire sur les perceptions du dispositif, enquête institutionnelle, entretiens semi-directifs et résultats académiques. Les ajustements successifs ont notamment porté sur les modalités de rétroaction dans les parcours (format écrit ou audiovisuel, présence ou non d'indices), la présentation des ressources en ligne, le degré de guidage lors des séances présentielles et l'introduction de l'application SmartContact comme levier supplémentaire pour soutenir la préparation des séances présentielles.La thèse a en outre examiné les liens entre les caractéristiques d'entrée des étudiants, la note d'un test intermédiaire, les usages du volet distanciel (complétion des parcours, régularité du travail, retard de réalisation, recours aux indices) et la note de janvier, lors des deux dernières itérations. Le résultat au test intermédiaire est le facteur le plus fortement lié à la note de janvier : après son contrôle, plusieurs associations avec les caractéristiques d'entrée diminuent. Le bagage en mathématiques reste cependant positivement lié à la note de janvier, tandis qu'être primo-inscrit à l'ULB est associé à une note plus faible. En termes d'utilisation du dispositif, la complétion des parcours est positivement liée à la performance, alors que le retard de réalisation y est négativement associé, y compris en analyses multivariées. Bien que corrélationnels, ces résultats soulignent l'intérêt d'un repérage précoce des étudiants à risque et d'un accompagnement ciblé.