Résumé : Aujourd’hui, la réponse à la demande grandissante en matériaux est la principale menace qui pèse sur l’environnement. Pour préserver la biodiversité et compenser les extractions, il est donc pri-mordial de mettre en place de systèmes de gestion durables.En Afrique centrale, le teck africain (Pericopsis elata) est particulièrement prisé pour la qualité de son bois mais sa surexploitation a mené à son inclusion dans l’annexe II de la CITES. L’étude des peuplements dans leur aire de distribution naturelle a mis en évidence un gradient de diversité géné-tique décroissant de l’extrémité Est de l’Afrique centrale vers le Cameroun. L’étude de la croissance des individus le long de ce gradient pourrait donc répondre d’une part à des questions fondamentales liées à l’origine évolutive du gradient et d’autre part, permettre d’identifier les réservoirs de diversité génétique dans un but de conservation mais aussi d’identifier des génotypes performants dans le cadre de plantations.L’étude des différences de croissance des individus issus du gradient de diversité de l’Ouest, dans les conditions de pépinière, ne permet pas de distinguer des différences de performance en fonction de leur provenance. La réponse génétique relative aux traits foliaires est également faible lors de cette phase d’établissement. En revanche, il existe des différences notables en fonction des semenciers d’origine aux pieds desquels les graines ont été récoltées.Le suivi des individus de cette expérience contribue à la caractérisation de la variation intraspé-cifique de l’espèce en réponse à leur environnement ainsi que l’influence génétique et ontogénétique sur des traits donnés. Ce qui est utilisé dans de nombreux modèles liés aux communautés et permet de tester par exemple des hypothèses évolutives ou des projections climatiques. De plus, les disposi-tifs mis en place pourront, à long terme, servir de vergers à graines utiles aux programmes de refo-restation mis en place par les exploitations.