Résumé : La question de l’électrification des parcs automobiles européens est un sujet récurrent ces dernières années. Certains perçoivent les véhicules électriques comme la solution aux problèmes d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques du secteur du transport et les imaginent inonder nos routes dans les décennies qui arrivent. D’autres, à l’inverse, les voient comme une fausse-solution, déplaçant simplement les problèmes d’émission sur les sites de production des batteries, et ne permettant pas une refonte en profondeur de nos modes de déplacement énergivores.La question de l’existence, de l’utilisation, et de l’avenir de la voiture électrique, est noyée dans un ensemble de controverses situé au carrefour de considérations techniques, scientifiques, politiques, législatives, économiques, sociales …En Région Bruxelloise, plusieurs éléments nous ont amenés à nous questionner sur la place de la voiture électrique, notamment l’annonce du déploiement par le gouvernement régional de 100 bornes de recharge en voirie, et de l’interdiction des véhicules diesel et essence respectivement en 2030 et 2035.Nous avons décidé dans ce mémoire d’analyser la voiture électrique en Région Bruxelles Capitale avec le cadre de la théorie de l’acteur-réseau ou sociologie de la traduction. Il s’agit de se demander : Comment le réseau d’acteurs impliqués dans le développement de la voiture électrique s’organise-t-il en Région Bruxelles-Capitale (RBC) ?Le cadre théorique choisi nous a permis d’analyser les processus d’associations entre acteurs, humains comme non-humains, impliqués dans le réseau d’acteurs de la voiture électrique (VE) en région bruxelloise. Grâce à la réalisation de 19 entretiens semi-directifs et l’analyse de plusieurs documents, nous avons pu mettre en exergue les controverses principales de l’acteur-réseau de la VE en RBC. Par exemple, le fait que la stratégie régionale vise à réduire l’utilisation de la voiture particulière et envisage qu’une partie des véhicules encore autorisés à rouler en 2030 et après soit électrique. Et à l’inverse, les opérateurs de bornes de recharge et les entreprises envisagent plutôt une électrification massive du parc automobile existant et notamment celui des voitures de société. Nous avons proposé une représentation de l’acteur-réseau de la VE en RBC sous forme de sociographie ou cartographie des controverses qui s’apparente à un organigramme. Certains éléments que l’on n'a pas pu approfondir mériteraient de faire l’objet de plus amples recherches comme par exemple : la place des constructeurs automobiles dans un monde où la voiture électrique viendrait remplacer les voitures thermiques ; les possibilités d’allier production d’énergie renouvelable, solution de gestion intelligente des réseaux, infrastructure de recharge et voiture électrique à l’échelle d’un quartier, d’une ville, voire d’une région...Enfin, concernant les limites de notre enquête et du cadre théorique emprunté, nous nous sommes parfois écartés de la démarche de la sociologie de la traduction et de la méthodologie d’un mémoire de recherche. Et nous avons eu l’impression que notre démarche s’apparentait plus à la forme d’une enquête journalistique.