Résumé : Dans les années 1980, le phénomène de la poésie slam est apparu, dépassant les frontières de la littérature imprimée et de l’évaluation académique pour devenir un mouvement littéraire mondial. En moins de trente ans, la poésie slam est passée d’un simple rassemblement artistique local à Chicago à une plateforme à portée internationale, soutenue par des projets multilatéraux menés dans des cercles non institutionnels, souvent par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales telles que la World Poetry Slam Organisation. La poésie slam se développe comme un outil de réflexion sociale et d’engagement civique. La poésie slam fonctionnant en dehors des institutions culturelles et universitaires, son étude nécessite la prise en compte du contexte social, de la diversité des esthétiques, des compétences des créateurs et du large éventail de sujets abordés. Les poèmes slam n’expriment pas seulement des expériences individuelles, mais reflètent également des contextes sociaux et culturels, exigeant une approche de recherche consciente basée sur « l’écoute et l’observation », autrement dit la participation active au processus créatif, en interagissant avec le créateur et le matériel lors d’un tournoi de slam. L’objectif de cet article est d’analyser les performances slamés de trois tournois : le Championnat national de poésie slam (Poznań, Pologne), la Coupe du Monde de Slam de Poésie (Paris, France) et le World Poetry Slam Championship (Bruxelles, Belgique), en tenant compte des thèmes sociaux recensés dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations unies – ces tâches globales fixées pour les nations et leurs habitants, et qui sont susceptibles d’influencer l’amélioration de leur qualité de vie d’ici 2030.