Traduction
| Résumé : | L'article propose l’analyse d’un corpus composé de morceaux et de couplets du rappeur français Akhenaton à la lumière de la notion d’autofiction telle qu’initialement proposée par Serge Doubrovsky et reformulée par d’autres (Philippe Gasparini, Philippe Vilain). Bien que le rap en tant que genre musical ne s’accorde pas tout à fait avec l’autofiction comme catégorie générique, l’autofiction en tant que problématisation des rapports entre écriture et soi par le langage trouve dans certaines oeuvres de rap une actualisation contemporaine pertinente. J’analyse d’abord le rapport entre un langage spécifique et la mise en récit de soi chez Akhenaton à travers la notion poétique de merde, qui se décline sous plusieurs classes grammaticales, positions dans les couplets, voire par un champ sémantique de la fécalité élargi. Je présente ensuite une étude de la mise en récit du passage, chez le rappeur, d’une vie ordinaire et anonyme au statut d’artiste. S’agissant de mettre au jour le continu entre la vie et le rap, je fais valoir par mon approche des oeuvres que l’organisation textuelle et la mise en voix de ce texte spécifiques (« l’aventure du langage ») construisent solidairement le récit de soi d’Akhenaton (« le langage d’une aventure »). |




