par Berns, Hannah 
Président du jury Decroly, Jean-Michel
Promoteur Van Criekingen, Mathieu
Publication Non publié, 2026-06-12

Président du jury Decroly, Jean-Michel

Promoteur Van Criekingen, Mathieu

Publication Non publié, 2026-06-12
Thèse de doctorat
| Résumé : | Cette recherche interroge la manière dont les femmes des classes populaires produisent la ville à travers leurs pratiques quotidiennes, à partir du cas de Charleroi. La thèse part du constat d’un décalage entre des politiques urbaines centrées sur l’attractivité — visant à attirer les classes moyennes et des investisseurs — et les réalités vécues par les populations déjà présentes, peu prises en compte. La recherche adopte une approche croisant sociologie et géographie critiques, en articulant des thématiques relatives aux mobilités résidentielles, au travail quotidien et aux espaces de vie. Les activités ordinaires — se loger, travailler, se déplacer — y sont envisagées comme centrales pour comprendre comment les rapports sociaux de classe, de genre et de race se matérialisent dans l’espace.L’enquête repose sur une méthodologie qualitative menée à Charleroi, combinant observations participantes, ateliers cartographiques et entretiens in situ. Elle s’appuie sur un échantillon varié d’enquêtées cherchant à rendre compte de l’hétérogénéité des classes populaires et de leurs conditions matérielles d’existence : des mères de famille immigrées, propriétaires de leur logement, installées durablement ; des femmes immigrées sans-papiers et isolées, en parcours de régularisation ; des femmes en situation de mal-logement ou ayant été à la rue ; des femmes retraitées du salariat populaire et divorcées ; des mères de famille et travailleuses du secteur de l’esthétique. Un premier résultat montre que Charleroi demeure attractive pour des populations pauvres et précaires, en raison notamment du coût du logement et des réseaux de sociabilité, malgré des politiques visant prioritairement d’autres publics. Cette attractivité s’accompagne toutefois de formes importantes de précarité et d’instabilité résidentielle. Le deuxième apport met en évidence la centralité du travail dans le quotidien des enquêtées, en élargissant sa définition au-delà du salariat. Leurs activités relèvent d’une combinaison complexe de formes de travail — instituées ou non-instituées, rémunérées ou non-rémunérées — qui structurent leurs existences. Enfin, la thèse montre que les pratiques spatiales sont étroitement liées aux conditions matérielles d’existence. Elle identifie, de la sorte, plusieurs types d’espaces de vie, révélant des formes différenciées d’ancrage, de mobilité et d’instabilité et qui mobilisent diverses ressources de subsistance.Au final, la recherche met en lumière une production « par le bas » de la ville, façonnée par les pratiques quotidiennes des femmes des classes populaires, nécessaire et contrainte par les rapports sociaux et les modes de production capitaliste de la ville dans laquelle s’insèrent ces espaces de vie populaires. |



