par Adam, Pauline 
Président du jury Rea, Andrea
Promoteur Jeandesboz, Julien
;Didier, Emmanuel
Publication Non publié, 2026-06-10

Président du jury Rea, Andrea

Promoteur Jeandesboz, Julien
;Didier, EmmanuelPublication Non publié, 2026-06-10
Thèse de doctorat
| Résumé : | Cette thèse interroge la fabrique des chiffres européens sur les migrations irrégulières. En partant du constat que ces derniers sont peu étudiés en tant que tels malgré la place qu'ils occupent aujourd'hui dans les médias et discours politiques, cette recherche doctorale suit la genèse de ces chiffres et leur évolution jusqu'à leurs usages techniques contemporains. L’analyse s'appuie sur les apports théoriques de la sociologie politique de l'international, de la sociologie de la quantification et de la sociologie de l'action publique. Ce travail se concentre plus particulièrement sur les statistiques européennes dites « légales » ou « scientifiques » d’Eurostat, l'Office statistique européen, en opposition aux données dites « opérationnelles » de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.Dans une démarche sociohistorique, l’analyse s'est appuyée sur un corpus d'archives pour suivre la genèse de ces chiffres et mieux comprendre la forme qu'ils prennent aujourd'hui. L’enquête a permis d'identifier les réseaux d'acteur·ices qui ont directement ou indirectement participé sous la forme de « coalitions calculatoires » à façonner un instrument statistique européen selon un cadrage sécuritaire qui persiste aujourd'hui. Pour comprendre également la fabrique contemporaine de ces statistiques européennes, leur évolution depuis la mise en place d'un règlement statistique européen en 2007 et la place clé des autorités nationales dans la collecte et l'envoi des données aux instances européennes, l'étude de la genèse de cet instrument statistique européen a été complétée par une enquête ethnographique au sein d'un service statistique ministériel. Ces observations ont permis d’étudier la fabrique de ces statistiques européennes depuis une unité nationale et en relation avec l'autorité statistique européenne, Eurostat. Cette recherche revient enfin sur les usages techniques de ces statistiques dans l'élaboration des politiques migratoires européennes, de la répartition de fonds européens à l'évaluation des pratiques nationales de contrôle et d'expulsion des personnes ressortissantes de pays tiers en situation irrégulière. L'ensemble de l'enquête a été complétée par des entretiens semi-directifs avec des acteur·ices directement ou indirectement impliqué·es dans le processus de quantification ou les usages techniques de ces statistiques. |



