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Résumé : Cette thèse se concentre sur l’historiographie des affaires monétaires de l’Égypte ancienne, en adoptant une approche qui embrasse une double longue durée. Tout d’abord, cette étude examine l’évolution de l’historiographie des affaires monétaires depuis le XVIe siècle, lorsque les premiers témoignages ont émergé, jusqu’au XXIe siècle, marqué par l’avènement des techniques modernes d’analyse. Ensuite, elle se penche sur les pratiques monétaires mises en œuvre en Égypte à partir du Ve siècle avant J.-C., correspondant à l’essor d’un usage monétaire plus répandu, bien que relatif, sur le sol égyptien, jusqu’au IVe siècle après J.-C., marquant la fin de la domination romaine. Ce travail se divise en deux grandes parties distinctes, permettant de suivre deux évolutions de manière parallèle. La première section aborde les monnaies en tant qu’objets de collection et archéologiques. La seconde partie est consacrée à l’étude de l’économie égyptienne et à la manière dont elle a été interprétée au fil du temps. La période allant du Ve siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C. présente un autre intérêt : elle se situe à la croisée de plusieurs cultures. L’objectif est d’analyser comment les auteurs décrivent et comprennent l’économie égyptienne, en particulier les affaires monétaires. L’étude examinera la façon dont ces objets ont été présentés et traités, ainsi que les interprétations proposées par les antiquaires, collectionneurs et scientifiques. Chaque époque a projeté son propre regard, souvent influencé par l’esprit du temps (le Zeitgeist) : comment les préjugés et les présupposés des savants, historiens et scientifiques influencent-ils les études sur les affaires monétaires de l’Égypte, et comment ces études sont-elles tributaires de leurs modes de pensée ? Cette thèse se veut originale à plus d’un titre. Tout d’abord, le sujet est inédit, ce qui le rend particulièrement stimulant pour la recherche académique. Ensuite, elle adopte une approche sur une double longue durée, couvrant la période allant de la XXVIe dynastie, marquant l’apparition des premières monnaies en Égypte, jusqu’à la fin de la période romaine. Cette longue période s’inscrit également dans la diversité des documents étudiés, allant des manuscrits et de la correspondance du XVIe siècle aux travaux modernes et scientifiques du XXe et duXXIe siècle. Cette recherche s’inscrit en partie dans la lignée du FINA, projet https:// fina.oeaw.ac.at/FINA, initié en 2011. Ce projet vise à collecter l’ensemble des sources, notamment les manuscrits et les lettres, jusqu’en 1800. De nombreuses sources inédites n’ont pas encore été publiées, mais elles revêtent une importance cruciale pour retracer l’historiographie de la numismatique. Actuellement, aucun ouvrage ne présente desynthèse intégrant ces deux aspects de la vie économique de l’Égypte ancienne sur une période aussi étendue, englobant les périodes pharaonique, hellénistique et romaine, tout en mettant en parallèle la numismatique et les sources textuelles.
This thesis focuses on the historiography of monetary matters in ancient Egypt, adopting an approach that spans a double longue durée. First, this study examines the evolution of the historiography of monetary matters from the sixteenth century—when the earliest accounts emerged—through to the twenty-first century, marked by the advent of modern analytical techniques. Secondly, it investigates the monetary practices implemented in Egypt from the fifth century BC, corresponding to the emergence of a more widespread—though still relative—use of coinage on Egyptian soil, to the fourth century AD, marking the end of Roman rule. This work is divided into two major, distinct parts, allowing two parallel developments to be followed. The first section addresses coins as both collectible and archaeological objects. The second part is devoted to the study of the Egyptian economy and the ways in which it has been interpreted over time. The period from the fifth century BC to the fourth century AD presents an additional interest, as it lies at the crossroads of several cultures. The aim is to analyze how authors describe and understand the Egyptian economy, particularly in relation to monetary matters. The study will examine how these objects have been presented and treated, as well as the interpretations proposed by antiquarians, collectors, and scholars. Each period has projected its own perspective, often influenced by the spirit of the age (Zeitgeist): how do the biases and assumptions of scholars, historians, and scientists shape studies of Egypt’s monetary affairs, and to what extent are these studies conditioned by their modes of thought? This thesis is original in several respects. First, the topic itself is unprecedented, making it particularly stimulating for academic research. Secondly, it adopts a long-term perspective across a double longue durée, covering the period from the Twenty-Sixth Dynasty—marking the appearance of the first coins in Egypt—to the end of the Roman period. This extended timeframe is also reflected in the diversity of sources studied, ranging from sixteenth-century manuscripts and correspondence to modern scientific works of the twentieth and twenty-first centuries. This research is partly aligned with the FINA project (https://fina.oeaw.ac.at/FINA), initiated in 2011. This project aims to collect all sources, particularly manuscripts and letters, up to the year 1800. Many unpublished sources remain, yet they are of crucial importance for reconstructing the historiography of numismatics. At present, no work offers a synthesis that integrates these two aspects of the economic life of ancient Egypt over such an extensive period, encompassing the Pharaonic, Hellenistic, and Roman eras, while placing numismatics and textual sources in parallel.