Résumé : Introduction: Lors d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), sa progression pourrait entraîner une fibrose pulmonaire. Chez des patients COVID-19 présentant des symptômes de SDRA, l’hypothèse existe d’un déséquilibre de l’angiotensine, à mesurer dans un échantillon sanguin de routine. Cela permettrait également de révéler des phénotypes sévères pouvant prédire le développement d’une fibrose pulmonaire. L’objectif est d’effectuer une étude d’exactitude sur des biomarqueurs pronostiques sanguins et d’élaborer un soutien à la décision médicale. Et cela, dans le but d’appliquer le diagnostic des phénotypes sévères suivant un cadre légal approprié. Méthodes: Une imagerie médicale par scan thoracique, des tests de fonction pulmonaire et l’analyse des biomarqueurs ont été effectués lors d’une étude longitudinale sur des patients atteints de SDRA post-COVID-19. Des données de laboratoire ont été générées lors de l’hospitalisation en unité des soins intensifs (USI) et au cours des deux années de suivi après sortie de l’USI, dans le but de générer des profils de biomarqueurs sanguins à corréler avec les caractéristiques cliniques et les séquelles. Des statistiques non-paramétriques ont été appliquées pour la comparaison avec des contrôles sains ; une p-valeur inférieure à 0.050 était considérée comme significative. L’obtention des seuils décisionnels a été réalisée par l’intermédiaire de courbe ROC – ‘Receiver Operating Curve’. Les tables de contingence ont révélé les valeurs prédictives positives (VPP) et négatives (VPN). Et la régression logistique permettait de calculer le ratio de risque odds. Tandis que les exigences légales se conformaient au Règlement européen 2017/746 relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro. Résultats: Plusieurs phénotypes de SDRA ont pu être mis en évidence sur base de ces données, récoltées chez 567 patients USI. Une augmentation incomplète de l’angiotensine 1-7 (<138 pg/mL) a défini un phénotype de déséquilibre en angiotensine. Tandis que le phénotype hyper-inflammatoire présente un indice composite supérieur à 34, basé sur des fortes élévations en angiotensine 1-7, protéine C-réactive, ferritine et le facteur de croissance transformant β. Une étude analytique a montré la conformité aux objectifs prédéfinis. La performance clinique offre une VPP de 95 % (intervalle de confiance à 95 %, 82 %-99 %) et une VPN de 100 % (intervalle de confiance à 95 %, 65 %-100 %). Ces phénotypes cliniques sévères à l’admission à l’USI ont 34 fois plus de risque de développer une fibrose pulmonaire au décours du SDRA (intervalle de confiance à 95 %, 3-355 ; p<0.001). Conclusion: L’indice composite de l’angiotensine 1-7 constitue un facteur pronostique précoce et objectif du développement d’une fibrose pulmonaire post-SDRA. Le soutien à la décision médicale contribue à guider les choix thérapeutiques dans des phénotypes sévères ciblés. L’application clinique a été évaluée dans le cadre de la COVID-19, mais des perspectives existent pour étendre cette évaluation à d’autres étiologies du SDRA.
Background: Pulmonary fibrosis can develop after acute respiratory distress syndrome (ARDS). The hypothesis is we can measure an angiotensin disequilibrium in routine blood samples of COVID-19 patients with ARDS symptoms. And reveal severe phenotypes that predict pulmonary fibrosis development. The aim is an accuracy study of prognostic circulating biomarkers and clinical decision support, within a legal framework. Methods: A longitudinal study followed COVID-19-related ARDS patients with medical imaging, pulmonary function tests and biomarker analysis. Laboratory data were generated at the intensive care unit (ICU) and during two years of follow-up, to generate blood biomarker profiles for correlation with clinical characteristics and sequelae. Comparison to controls followed non-parametrical statistics; p<0.050 was considered significant. Cut-offs were obtained through receiver operating curve. Contingency tables revealed predictive values. Odds ratio was calculated through logistic regression. Legal requirements fulfilled the European Regulation 2017/746 on in vitro diagnostic medical device. Results: Several phenotypes of ARDS had been identified based on these data, collected from 567 ICU patients. An impaired angiotensin 1-7 upregulation (<138 pg/mL) defined the angiotensin imbalance phenotype. Hyper-inflammatory phenotype showed a composite index test above 34, based on higher angiotensin 1-7, C-reactive protein, ferritin and transforming growth factor-β. Analytical study showed conformity to predefined goals. Clinical performance gave a positive predictive value of 95% (95% confidence interval, 82%–99%), and a negative predictive value of 100% (95% confidence interval, 65%–100%). These severe clinical phenotypes on ICU admission had a 34-fold increased risk of developing pulmonary fibrosis after ARDS (odds 95% confidence interval, 3-355; p<0.001). Conclusion: Angiotensin 1-7 composite index is an early and objective prognostic factor of ARDS evolving to pulmonary fibrosis. The clinical decision support may guide therapeutic choices in targeted severity phenotypes. The clinical application has been evaluated in COVID-19, but perspectives exist to extend this to other ARDS etiologies.