par Kopa Wa Kopa, David 
Président du jury Jaspers, Jürgen
Promoteur Ricquier, Birgit
;Kumbatulu Sita-Bangbasa, Charles 
Co-Promoteur De Brabanter, Philippe
;Ngbanga Bandombele, Emmanuel
Publication Non publié, 2026-03-27

Président du jury Jaspers, Jürgen

Promoteur Ricquier, Birgit
;Kumbatulu Sita-Bangbasa, Charles 
Co-Promoteur De Brabanter, Philippe
;Ngbanga Bandombele, EmmanuelPublication Non publié, 2026-03-27
Thèse de doctorat
| Résumé : | Problématique et intitulé de la recherche : La présente recherche doctorale s’inscrit dans le champ de la linguistique du contact et porte surles phénomènes de contact entre les langues parlées dans le Bas Lualaba, avec un intérêt particulier pour les interactions linguistiques impliquant le mokpá et les langues environnantes. Le Bas Lualaba est situé au sud de la ville de Kisangani, dans le nord-est du bassin du Congo. Le mokpá y constitue, avec l’ɛnyá et le metóko, le sous-groupe des langues lega occidentales. Selon les données historiques disponibles, les locuteurs de ces trois langues seraient probablement arrivés tardivement dans la région, au cours d’une même période migratoire, et auraient rencontré sur placede nombreuses autres communautés linguistiques (Moeller 1936).La région de Kisangani est ainsi identifiée comme un terminus de plusieurs mouvements migratoires successifs et, par conséquent, comme une zone caractérisée par une diversité linguistique particulièrement dense et complexe (Birgit et al. 2020). Elle se distingue par l’existence d’aires linguistiques approximatives marquées par la cohabitation de langues appartenant à différentes familles, groupes et sous-groupes. On y observe la présence conjointe des langues relevant de deux grands blocs linguistiques de la République démocratique du Congo : le bloc bantu, numériquement dominant, et le bloc non bantu, comprenant notamment des langues oubanguiennes et soudanaises. Malgré les travaux historiques menés dans cette région, l’histoire des populations associées à ces langues demeure largement incertaine. Dans cette perspective, la présente étude part du postulat que les données linguistiques peuvent contribuer de manière significative à la reconstruction de l’histoire des populations, tant dans leur configuration actuelle que dans leurs phases antérieures. C’est dans ce cadre que s’inscrit la thèse intitulée : « Phénomènes de contact linguistique dans le nord-est du bassin du Congo : cas des langues mokpá, ɛnyá, metóko, mbole et autres langues du Bas Lualaba ».Objectifs de l’étude : L’objectif principal de cette thèse est de proposer un éclairage sur l’histoire linguistique et le peuplement de la zone de convergence correspondant au terminus ad quem du Lualaba et au terminus a quo du fleuve Congo. Les objectifs spécifiques consistent à :(i) identifier les facteurs favorisant les contacts linguistiques dans cette région ;(ii) analyser les effets de ces contacts sur les langues concernées ainsi que sur leurs locuteurs ;(iii) décrire la stratigraphie linguistique résultant de ces interactions.Résultats : Le corpus de cette recherche repose sur des données recueillies au cours de quatre missions de terrain menées dans la région de Kisangani (RDC), pour une durée cumulée de cinq mois et demi, répartis sur les années 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023. Les enquêtes ont été réalisées dans des villages situés le long de la galerie fluviale reliant la ville de Kisangani à la cité d’Ubundu. Ces localités abritent notamment des communautés linguistiques parlant l’ɛnyá , le mokpá, le kómo, le lengola, le metóko, entre autres. L’analyse des données met en évidence des phénomènes de contact linguistique relevant à la fois de dynamiques contemporaines et de processus historiques. En ce qui concerne le contact linguistique actuel, les données sociolinguistiques montrent que les principaux facteurs de contact entre les communautés de la région incluent le mariage, le commerce, la migration, les activités de subsistance, le voisinage et la scolarisation. Ces interactions entraînent divers effets linguistiques, tels que des phénomènes de transfert linguistique, l’acquisition de langues secondes, des processus d’enculturation ou encore des dynamiques de prestige linguistique. À titre illustratif, certains ménages mokpá endogamiques utilisent le lengola comme langue vernaculaire ; de même, dans l’entité mokpá, pourtant relativement isolée, une majorité de locuteurs, notamment les enfants, acquiert le kiswahili, véhiculaire régional, comme langue maternelle. En revanche, dans l’entité ɛnyá , intégrée à l’espace urbain de Kisangani et donc davantage exposée au contact, la transmission intergénérationnelle de la langue ɛnyá demeure largement maintenue. S’agissant du contact linguistique ancien, la présence de consonnes labio-vélaires dans les systèmes phonologiques des trois langues lega (mokpá, ɛnyá et metóko) constitue un indice probant decontacts réguliers avec des langues voisines telles que le lengola et le kómo, comme en témoignent plusieurs lexèmes partagés. Au-delà de ces interactions locales, ces traits phonologiques révèlent également l’existence de contacts plus anciens avec des langues du Haut-Congo, notamment le mbole, l’olombo, le lokele, le likile et le foma (Kopa & Ricquier 2023). L’analyse de la stratigraphie lexicale des langues lega étudiées confirme cette hypothèse et met en évidence, de manière inattendue, d’autres épisodes très anciens de contact linguistique dans le cours inférieur du Lualaba. |



