Résumé : Cette thèse examine la parentalité à l’adolescence à travers le prisme des normes de parentalité intensive et des rapports de genre. Alors que la parentalité est de plus en plus définie comme un ensemble de pratiques normatives et prescriptives visant l’optimisation du développement de l’enfant, l’adolescence reste une période encore peu étudiée, malgré ses enjeux spécifiques liés à l’autonomie et à la redéfinition des liens familiaux. En mobilisant une méthodologie mixte, articulant analyses qualitatives et quantitatives, ce travail adopte également une perspective dyadique, considérant la coparentalité au sein des couples parentaux. Les résultats mettent en évidence l’écart entre les attentes sociales de la parentalité intensive et les besoins réels des adolescent·es, un décalage susceptible de générer tensions et pratiques intrusives. Ils montrent aussi comment les normes de genre structurent encore la répartition des responsabilités, les mères assumant majoritairement la charge cognitive et émotionnelle, tandis que les pères s’inscrivent davantage dans un rôle de soutien coopératif. En articulant expériences individuelles, dynamiques conjugales et cadres institutionnels, cette recherche offre une compréhension nuancée des pratiques parentales et coparentales à l’adolescence, et invite à repenser les politiques de soutien à la parentalité dans une perspective plus égalitaire et ajustée aux besoins réels des familles
This dissertation explores parenting during adolescence through the lens of intensive parenting norms and gender relations. While parenting has increasingly been framed as a set of normative and prescriptive practices aimed at optimizing children’s development, adolescence remains understudied despite its specific challenges related to autonomy and the reorganization of family relationships. Using a mixed-methods approach that combines qualitative and quantitative analyses, the study also adopts a dyadic perspective, focusing on coparenting dynamics within parental couples. The findings highlight a gap between the normative expectations of intensive parenting and adolescents’ actual needs, a misalignment that may foster tensions and intrusive practices. They further show how gender norms continue to shape the division of responsibilities, with mothers carrying most of the mental and emotional load, while fathers are more often positioned as cooperative supporters. By bridging individual experiences, couple-level negotiations, and broader institutional frameworks, this research provides a nuanced understanding of parenting and coparenting during adolescence, and calls for parental support policies that are both more equitable and better tailored to families’ real needs.