par Chonavey, Sébastien 
Président du jury Baker, Craig
Promoteur Danblon, Emmanuelle
Publication Non publié, 2025-12-19

Président du jury Baker, Craig

Promoteur Danblon, Emmanuelle

Publication Non publié, 2025-12-19
Thèse de doctorat
| Résumé : | La présente thèse de doctorat analyse comment les discours écologistes de Greta Thunberg et Camille Étienne questionnent les conceptions de la notion d’auditoire en rhétorique. Elle part d’un paradoxe central : malgré le consensus scientifique sur le changement climatique, l’adhésion aux mesures écologiques reste profondément conflictuelle, ce qui met en difficulté le modèle aristotélicien et perelmanien selon lesquels une argumentation rationnelle devrait convaincre tout être raisonnable.L’hypothèse défendue est que cette difficulté tient moins aux arguments qu’à une recomposition structurelle de l’auditoire. Les discours étudiés reconfigurent les critères d’inclusion et d’exclusion de l’auditoire universel : ils intègrent des catégories autrefois exclues (enfants, voix marginales, nature) tout en mettant en cause, voire en excluant, les adultes jugés responsables ou récalcitrants.L’analyse montre un changement de paradigme rhétorique fondé sur trois indices : la transformation de la figure du témoin en témoin du futur (Puer Senex), un usage renouvelé du genre épidictique oscillant entre discorde et concorde, et une redéfinition de la disposition à l’action, allant de l’abstention au choix d’agir malgré l’absence d’espoir.La thèse conclut à l’émergence d’un auditoire universel recomposé, plus inclusif mais plus sélectif, qui oblige à repenser les fondements de la rationalité persuasive et pose le risque d’un nihilisme rhétorique, contre lequel certaines figures du nouveau paradigme peuvent apparaître comme une réponse possible. |



