Résumé : Alors que plus de 60.000 personnes, dont près de la moitié sont des enfants, meurent chaque année de la rage dans les pays à faible revenu, aucune stratégie de vaccination préventive n’est actuellement envisagée pour ces pays. Paradoxalement, dans les pays à haut revenu où le risque est soit absent soit limité aux voyageurs désirant se rendre en zone endémique, on continue de vacciner les vacanciers avec des schémas datés qui consomment énormément de ressources vaccinales selon un principe de précaution très peu soutenu par des faits. Plus proche de nous, et en n’ayant plus modifié sa politique en la matière depuis des années, la Belgique soutient indirectement ces pratiques en remboursant aveuglément le vaccin antirabique. Il est nécessaire de réévaluer les politiques de remboursement du vaccin contre la rage, de limiter les doses administrées à ce qui est vraiment nécessaire en se basant sur des preuves tangibles, et de réallouer les moyens ainsi dégagés à la lutte contre la rage dans les zones endémiques.
While more than 60,000 people, nearly half of them children, die of rabies every year in low-income countries, no preventive vaccination strategy is currently envisaged for these countries. Paradoxically, in high-income countries, where the risk is either non-existent or limited to travellers wishing to visit endemic areas, vacationers continue to be vaccinated with outdated schemes that consume huge amounts of vaccine resources, in accordance with a precautionary principle that is hardly supported by evidence. Closer to us, and because it has not changed its policy in this area for years, Belgium indirectly supports these practices by blindly reimbursing the rabies vaccine. We need to re-evaluate reimbursement policies for rabies vaccine, limit the doses administered to what is really necessary, based on tangible evidence, and reallocate the resources released in this way to the fight against rabies in endemic areas.