Résumé : Dans les forêts tropicales humides la majorité de la dispersion des graines et du pollen des arbres s’effectue via les animaux. C’est notamment le cas pour l’ébène d’Afrique, Diospyros crassiflora, une espèce ayant un taux d’accroissement annuel moyen très faible et exploitée pour son bois noir ou veiné à grain fin. La dispersion du pollen de cette espèce s’effectue via des insectes généralistes et la dispersion des graines via des rongeurs ainsi que de grands mammifères tel que l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis). Cette espèce étant classée comme en danger critique d’extinction par l’UICN, sa disparition pourrait poser des problèmes pour la pérennité de D. crassiflora.Cette étude vise d’une part à étudier les facteurs limitant la régénération naturelle de l’ébène, en mettant l’accent sur la dispersion du pollen et son influence sur la production de fruits et graines. Pour cela des corrélations entre les facteurs liées au pollen (distance de dispersion, identité de la parenté, diversité génétique) et la production totale ont été corrélés. Le but étant de mieux comprendre le cycle de reproduction de cette espèce afin d’en faire une exploitation durable. D’une autre part, il s’attache à démontrer l’impact de l’endozoochorie des éléphants de forêt sur les graines qu’ils dispersent. Dans ce but, des test de comparaisons ont été fait entre des graines ayant subi différents traitements (graines fraiches sur le sol, graines fraiches en fruit, graines ayant comme origine les bouses d’éléphants et remise dans une bouse et graines fraiches dans une bouse). Cette étude appuierait l’importance de la protection de cette espèce pour la régénération des arbres tropicaux de forêts humides.Les résultats sur la dispersion du pollen de D. crassiflora montrent une courte distance de dispersion (183m), un taux d’autofécondation nul, un turn-over des pères annuel, un synchronisme phénologique pour la floraison des mâles et des femelles et une dispersion du pollen ne limitant pas la production totale. Les résultats sur l’endozoochorie des éléphants de forêt montrent que le passage par le tube digestif diminue significativement l’infection fongique, augmente le taux de germination, n’ont pas d’impact sur la mortalité due aux animaux et ni sur la prédation des graines. Les bouses augmentent également les taux de germination mais ne permettent pas de diminuer l’infection fongique, la prédation des graines et la mortalité due aux animaux.