Résumé : La mouche soldat noire, Hermetia illucens est un insecte de la famille des diptères. Sa larve,facile à élever avec un matériel basique et peu d’espace, est très vorace et se nourrit d’unegrande variété de substrats, des produits carnés, fruits et légumes, céréales, fèces humaines ouanimales. Elle est ainsi de plus en plus utilisée afin de traiter les déchets organiques. Récoltéeà maturité, elle peut servir de nourriture dans les élevages piscicoles, avicoles et porcins maispeut aussi être directement consommée par l’humain et ses déjections sont utilisées en tantqu’engrais. Malgré son fort potentiel, il existe très peu de littérature concernant sa biologie etson écologie en dehors des conditions d’élevage optimales (température, hygrométrie,densité..). Certains travaux ont mis en évidence la présence d’effets densité dépendantspositifs chez ces larves. On observe également la formation d’agrégats par les larves dans desconditions naturelles ou d’élevage. Ces larves étant sensibles à divers facteursenvironnementaux comme la lumière, l’humidité ou la température, les agrégats résultent-ilsd’une hétérogénéité de l’environnement ou d’une agrégation active? Cette étude consiste àquantifier l’apparition et la dynamique d’un comportement collectif chez les larves demouche soldat noire au regard de la taille de la population larvaire. Nous avons égalementessayé de quantifier les effets densité dépendants bénéfiques pour les larves en partant del’hypothèse que les densités larvaires plus élevées gagnent plus de masse au cours del’expérience que les densités plus faibles. Des expériences de choix symétriques entre deuxsources de nourriture au sein d’une arène ont été réalisées afin d’étudier la distribution deslarves. Trois densités de larves ont été utilisées (25, 50 et 100 larves) et des arènes contrôlesans nourriture ont également été mises en place. Les résultats indiquent que la répartition deslarves au sein des arènes ne se fait pas de façon aléatoire. Les larves semblent avoir un intérêtpour les sources, même quand celles-ci sont dépourvues de nourriture, sauf pour lesconditions contrôle et test à 25 larves. Des phénomènes d’agrégation, observés dans presquechaque expérience, semblent plus fréquents dans les densités de larves élevées. Aucunedifférence significative n’a été mise en évidence dans la prise de masse et la consommationdes diètes au regard des différentes densités de larves utilisées. La relation entre la sommedes distributions des larves sur les sources au cours des 5 heures d’expérience et ladistribution finale des larves sur les sources reste stable.