Mémoire
| Résumé : | L’agriculture en Europe s’est fort intensifiée depuis la deuxième guerre mondiale afin d’améliorer la production de denrées alimentaires. Cette intensification s’est faite au détriment de la terre, ressource non renouvelable. La course aux rendements, également présente en Wallonie, engendre d’importants phénomènes d’érosion, de tassement et de perte de biodiversité dans les terres agricoles Wallonnes et Européennes.En réaction aux diverses limites atteintes par l’agriculture conventionnelle, des acteurs ont effectué une véritable transition en terme de pratiques agricoles. C’est ainsi que l’agriculture conventionnelle se voit aujourd’hui concurrencée par l’agriculture biologique et l’agriculture de conservation qui proposent des pratiques agricoles plus durables pour l’environnement et les sols.Cependant, la transition reste très lente dû au phénomène de verrouillage sociotechnique présent en Wallonie. Afin d’enrailler ce verrouillage, il est nécessaire de comprendre tous les facteurs y contribuant. Comprendre la perception et les connaissances que les agriculteurs ont de leur sol peut aider à mettre en place des mesures afin de limiter les freins à la transition.Afin d’apporter un élément de réponse à cette thématique, nous abordons dans ce travail la perception, les connaissances, et les lacunes que les agriculteurs ont par rapport à leur sol. Nous effectuons des entretiens semi-directifs avec des agriculteurs Wallons en agriculture conventionnelle, en agriculture biologique et en agriculture de conservation afin d’obtenir une analyse qualitative de la perception et des connaissances qu’ils ont de leur sol. De cette analyse, il en résulte que les agriculteurs ont un lien affectif important avec leur terre. Ils connaissent leurs sols en détail et connaissent les notions de bases afin de préserver la qualité du sol.Toutefois, les agriculteurs se différencient lorsqu’il s’agit du choix des pratiques culturales afin de préserver leur sol. Les agriculteurs conventionnels favorisent les rendements à la préservation de leur sol pour des raisons économiques. Les agriculteurs en agriculture de conservation préfèrent quant à eux favoriser la qualité de la terre en cherchant à limiter le travail de celle-ci. Ils restent tout de même financièrement performants. Les agriculteurs en agriculture biologique préfèrent opter pour un compromis entre la préservation de la qualité du sol et les rendements.Les agriculteurs se différencient également par l’intensité des connaissances. Ceux qui travaillent en conventionnel ont les connaissances scientifiques et tacites les moins développées. Les agriculteurs en non labour détiennent les connaissances théoriques et pratiques les plus développées. Les agriculteurs en agriculture biologique se placent entre les deux. |





