Résumé : Le présent mémoire vise à étudier la place qu’occupe la maternité chez les danseuses classiques et l’influence que celle-ci peut exercer sur leurs trajectoires professionnelles. Étant largement absente des écrits scientifiques, il s’agit de briser l’omerta qui règne autour de cette problématique. Tout d’abord, une revue de la littérature existante étudie l’histoire des ballets romantiques et la transmission de ses traditions, permettant de comprendre la manière dont s’est constitué un rapport à la maternité et à la féminité en adéquation avec les valeurs de la danse classique et le modèle féminin de la ballerine. Cette recherche théorique permet, d’autre part, d’étudier l’histoire de la maternité au sein de nos sociétés occidentales et de tisser le lien avec le métier de danseuse. Ensuite, les données recueillies proviennent d’une étude quantitative menée auprès d’un échantillon de trente-six danseuses, et d’une étude qualitative comptant neuf participantes. Alors qu’apparaissent deux féminités sensiblement opposées dans les ballets – la fille, la ballerine ; la femme, la génitrice – les danseuses ont désormais la possibilité de s’investir à la fois dans la sphère professionnelle et dans la sphère privée. Néanmoins, cette conciliation ne se montre pas toujours sans conséquence sur la carrière des danseuses, sans pour autant en signer inéluctablement la fin. Le milieu artistique de la danse connaît une belle évolution.