Résumé : Dans ce mémoire, nous proposons de réactualiser l’esthétique expressionniste au moyen d’un objet peu, voire pas, étudié dans le champ de l’histoire de l’art : la marionnette d’animation en stop-motion. Le mouvement expressionniste, né à l'aube du XXe siècle dans le climat anxiogène qui annonçait la Première Guerre mondiale, se caractérise par une esthétique anguleuse, des corps aux formes distordues, des lignes brisées et une tendance à représenter des thèmes macabres comme la mort ou la folie. Les marionnettes animées, par leur matérialité, leur corporalité travaillée précisément pour l'expressivité et la propriété de l’animation à leur donner l’illusion de la vie, apparaissent comme des objets prédisposés à accueillir les thèmes et caractéristiques de l’expressionnisme et, pourquoi pas, apporter aux artistes de nouvelles possibilités d’expression, réanimant, transcendant, et/ou intégrant des courants d’art préexistants, en les adaptant au contexte de notre époque.