Résumé : La juxtaposition des besoins énergétiques et des valeurs de la biodiversité conduit à des choix parfois difficiles, à la fois pour l’industrie de l’énergie et pour les organismes de conservation. Cette réalité est d’actualité pour le Parc National de la Salonga en République Démocratique du Congo où l’exploitation pétrolière et la préservation de la biodiversité sont deux intérêts en conflit. Le Parc National de la Salonga avec ses 36 000 km² et 40% de la population de bonobos restants dans le monde Congo demeure la plus grande forêt tropicale d'Afrique. L’autorisation d’exploration et exploitation pétrolière dans ce poumon forestier Congolais pourrait engendrer des impacts imprévisibles non seulement sur ses écosystèmes mais également sur la santé humaine de la population locale et sur le rôle de puit de carbone que joue le parc en atténuant le changement climatique.Dans le cadre de ce travail nous avons analysé les différents impacts pouvant se produire dans la zone du PNS lorsqu’on décide le démarrage des opérations de production pétrolière, en se basant sur les types d’impacts causés par les exploitations pétrolières de Moanda (RDC) et celles des pays d’Afrique subsaharienne. Nos analyses ont montré que l’exploitation pétrolière dans la zone du Parc National de la Salonga engendrerait plus d’impacts négatifs (menace pour la survie des écosystèmes, des populations locales et de l’humanité entière). L’attribution des blocs pétroliers dans la zone du Parc National de la Salonga viole les lois congolaises en vigueur (lois sur les hydrocarbures et lois en matière de la conservation de la nature) et les engagements (accords) en matière de conservation de la nature signés par la RDC. Au regard d’importants services offerts par la biodiversité du Parc National de la Salonga, sur le long terme, sa valeur économique pourrait apparaitre supérieure aux bénéfices économiques des activités pétrolières, c’est pourquoi la conservation de la biodiversité du Parc National de la Salonga serait la meilleure alternative.