Résumé : Ce mémoire analyse si l’interdiction des vols ultra-courts ou courts (inférieurs ou égaux à 1000 km) est efficace au regard du total absolu des émissions de gaz à effet de serre et corrélativement de l’argument avancé en faveur de cette suppression qu’est l'impact climatique causé par ces vols dits “saut de puces”, alors que l’alternative des trains à grande vitesse existe. Une analyse ex-ante est effectuée en se basant sur l’offre aérienne de quatre marchés européens: la Belgique, l’Espagne,la France et l'Islande (pour l’année 2018). Le cœur du travail porte sur la quantification, le calcul et le traitement de données qui concernent l’offre aérienne des marchés étudiés. Ces données sont issues de la base de données de l’Official Aviation Guide (OAG). La distinction est faite selon le type d’avion afin de calculer la consommation de carburant et donc d’émissions, grâce au Small Emitters Tool développé par Eurocontrol. La méthodologie appliquée nous permet d’avoir des résultats concrets quant à la corrélation entre distance parcourue et émissions de fuel et de CO2 (strictement proportionnelles à celles de fuel). Elle se prête à une analyse pour l’ensemble de l’offre aérienne européenne, voire mondiale. Il s’agirait de prendre chaque pays individuellement et de relever les raisons pour lesquelles des vols courts y sont opérés (motifs physiques, commerciaux, éventuel impact du service de trains à grande vitesse sur l’offre des vols). Nous nous sommes concentrés sur l’impact carburant (ou fuel) desdits vols, les impacts non-CO2 faisant encore l’objet de trop grandes incertitudes. Nous avons constaté que les vols court-courriers ne représentent qu’une faible proportion des émissions totales/absolues du secteur et qu’en réalité, les politiques pour supprimer une partie des vols courts avaient bien plus une portée symbolique qu’un réel impact positif pour l’environnement. Certaines solutions, plus drastiques mais mieux ciblées, sont pourtant envisageables afin de diminuer les impacts du secteur en question.