Résumé : Le réchauffement climatique rend plus fréquentes les périodes de sécheresses et de stress hydriques aigus. D’autre part, le prix de l’eau en région bruxelloise ne cesse d’augmenter et avec lui la précarité hydrique. Dans ce contexte, il est primordial de s’assurer que des mesures et des législations efficaces soient mises en œuvre pour limiter le gaspillage de l’eau et ses impacts négatifs sur la société et l’environnement. Le travail présenté ici a pour objectif de confronter les textes de loi à la réalité urbaine de Bruxelles et de proposer des orientations de recherche pour les améliorer. Pour ce faire, le cas pratique du secteur de la construction est exemplifié et analysé : ses pompages temporaires et ses rejets à l’égout d’eaux d’exhaure.Trois approches complémentaires ont permis de réaliser cette étude. Tout d’abord, une recherche documentaire fait état de l’évolution des politiques de protection des eaux souterraines en Belgique depuis la constitution par l’État belge d’une Société Nationale des Distributions d’Eau en 1913. Elle confronte les différentes législations régionales et leurs systèmes de taxation tout en faisant le parallèle avec la réglementation et les normes européennes. Ensuite, cinq interviews de personnalités impliquées dans la gestion de l’eau à Bruxelles ont été réalisées : un juriste, un ingénieur et un hydrogéologue de l’administration « Bruxelles Environnement » – BE –, le Directeur d’exploitation de la « Société Bruxelloise de Gestion de l’Eau » – SBGE – ainsi que le Chef de projet de l’initiative « Opensource » de l’ASBL « NoWayBack ». Ces interviews furent adjointes de la visite d’un chantier de construction effectuant des pompages d’exhaure à B-1000 Bruxelles. Enfin, ces deux démarches sont complétées d’une analyse de la base de données « Captage » constituée par le département « Autorisation » de BE.Il en résulte une synthèse aussi bien qualitative que quantitative des différents aspects et risques liés à la problématique de l’eau en région bruxelloise. Pour le cas du secteur de la construction, les besoins de l’ensemble des acteurs impliqués dans le pompage et le rejet d’eaux d’exhaure sont discutés. Ainsi, les bonnes pratiques tout comme les lacunes des différentes législations et pratiques sont mises en lumière. Les nombreux mérites de l’initiative Opensource sont alors expliqués et des pistes de solutions complémentaires sont proposées. En particulier, il est fait état de l’importance de mieux considérer l’eau souterraine dans ses multiples rôles écosystémiques. Pour conclure, le rapport contribue à rétablir la ressource « eau d’exhaure » comme une réserve d’eau à part entière et non plus comme un résidu des chantiers de construction. De manière générale, il est nécessaire d’augmenter les connaissances en matière d’impacts environnementaux du captage d’eaux souterraines et de mieux cibler, sur base de consommations réelles, l’application du principe de pollueur payeur.