Résumé : Tout comme au courant de l’année 2000 qu’en 2016, il est arrivé dans l’histoire américaine qu’un Président soit élu sans remporter le vote populaire. La règle du « Winner-Takes-all » permet cette distorsion. Ce fut aussi le cas en 1824, en 1876 et en 1888. Aux États-Unis, les élections présidentielles sont basées sur le système du collège des grands électeurs. Cela signifie que dans chaque Etat, les citoyens élisent un collège électoral restreint qui lui-même se réunit pour émettre un vote univoque au nom d’un Etat. Les Etats sont souverains dans l'organisation de l’élection. Le président américain est donc élu au suffrage universel indirect. Ce système suscite des interrogations sur la légitimité et la représentativité du Président et, partant, son incidence sur les mécanismes institutionnels de la démocratie américaine. Dans le cadre de ce travail, nous explorons la dynamique du système électoral présidentiel américain, plus particulièrement le système des grands électeurs qui fait que les américains distinguent le vote populaire du vote électoral. En effet, le vote populaire correspond au total des suffrages réunis par les différents candidats au niveau national. Le vote électoral correspond au total des grands électeurs que les différents candidats obtiennent en fonction du score qu'ils ont pu réaliser dans les différents Etats. Le vote qui compte est le vote électoral. Ainsi, pour être élu président, un candidat doit obtenir les voix d’au moins 270 grands électeurs, et donc remporter un nombre d'Etats lui permettant d'atteindre ce total. Dans le cadre de ce travail, nos interrogations s’articulent autour des entraves à la démocratie qu’engendre ce système qui remonte à plus de deux siècles. Bien que constitutionnel, ce système perdure pour des raisons partisanes et va à l’encontre de la règle démocratique de la majorité. Pour beaucoup, il est « archaïque, antidémocratique, complexe, ambigu, dangereux et source de chaos électoral » et, de ce fait, nuit au principe de la règle de la majorité d’une part, et d’autre part, au principe « d’un homme, une voix ». Pour d’autres, « ce suffrage universel agrégé Etat par Etat, accordant une véritable place aux petits Etats, peu peuplés, constitue l’essence de la démocratie américaine, fondée sur la modération, le consensus et le bipartisme » .