Résumé : Contexte : L’arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH), par son faible taux de survie, est considérécomme un problème majeur de santé publique. L’amélioration des chances de survie de ces victimesdépend de l’initiation précoce de la chaine de survie : Appeler, Masser Défibrer. Or elle est tributairede son maillon le plus faible qui est le premier témoin. Malgré des efforts, ces dernières décennies, entermes de formation du grand public et l’amélioration des techniques réanimatoires, les taux de survierestent faibles dans la majorité des pays.Objectifs : Ce travail a pour premier objectif, d’identifier les freins du grand public à réaliser uneréanimation cardiopulmonaire (RCP) et à poser le défibrillateur automatisé externe (DAE), ainsi queles facteurs de non formation du grand public aux gestes de secours. Le deuxième objectif de l’étudeest de proposer des potentielles actions afin d’augmenter les chances de survie d’une victime d’unACEH.Méthode : Dans un premier temps, la littérature scientifique, ainsi que des données recueillies lorsd’une enquête mixte grâce à un questionnaire déposé sur internet, m’ont permis de collecter uncertain nombre de données. Puis dans un second temps, une enquête qualitative a été menée sousforme d’une entrevue semi-dirigée -au travers d’un guide d’entretien- via les plateformes Teams etFacebook, en raison du contexte sanitaire actuel (Covid-19). La collecte des données s’est faite auprèsde formateurs secouristes de la Croix-Rouge Française, ainsi que des personnes ayant reçu, dans lecadre de leurs contrats civiques à la Croix-Rouge Française, la formation PSC1 (Prévention et SecoursCiviques de niveau 1) il y a moins de 6 mois, entre 1 et 2 ans, entre 2 et 5 ans, et plus de 5 ans.Résultat : Parmi les 638 réponses de l’enquête mixte, 205 personnes n’ont jamais été formées. Deuxraisons de non formation ressortent clairement : en premier lieu, la non connaissance des organismesproposant le PSC1 (n=88 soit 42,9%), puis vient la notion de manque de temps (n=80 soit 39%). Uneperte significative des savoirs et des compétences est mise en évidence pour une formation quiremonte à plus de 2 ans, sauf pour ce qui est d’appeler les secours, de même que pour les personnesnon formées. L’analyse des freins du grand public à réaliser une RCP et à utiliser le DAE porte sur 409réponses. Le stress/ la panique est évoqué comme premier frein dans l’étude (n=108), viennent ensuitele manque de connaissance (n=84), et enfin la peur de l’erreur (n=80), soit respectivement 26,47%,20,69% et 19,55%. L’exploitation de la deuxième enquête appuie ces résultats en proposant de potentielles actions afin de former plus massivement le grand public, et de rendre le PSC1 plus efficienten termes de compétence des formés dans la durée.Conclusion : Une démarche plus structurée, répétée et bien suivie de la formation du grand public,ainsi qu’une meilleure sensibilisation communautaire sur le rôle du témoin en situation d’urgence, doitpermettre une augmentation du taux de survie des victimes d’ACEH.