Résumé : Aujourd’hui, la plupart des français·e·s pensent la lutte des féministes pour l’égalité des sexes inutile car l’égalité est selon cette majorité déjà atteinte. Or, le rapport entre les sexes n’est pas égal dans les faits. Une égalité formelle ne signifie pas une égalité concrète. Si nombre de domaines sont concernés par cette question de l’égalité des sexes, nous avons choisi d’interroger le milieu scolaire primaire. L’école apparait comme suffisamment effective pour faire office de lieu de création d’une relation nouvelle entre hommes et femmes, pour faire face à la pensée dominante profondément ancrée qu’est la croyance à la Différence des sexes : phénomène collectif qui consiste à faire de la différence biologique entre les sexes une différence sociale hiérarchique. L’insuffisance du discours philosophique quant à la question du rapport mixité-égalité dans le système scolaire nous a motivé à interroger d’un point de vue philosophique les concepts fixes de « mixité » et d’« égalité » et le caractère mixte et égalitaire de l’enseignement, à (re)mettre donc « les choses » dans un état de flux. Cette insuffisance justifie également notre approche ; la question étant généralement abordée dans ses dimensions sociologique et historique, que nous n’ignorons pas par ailleurs.