Mémoire
| Résumé : | Le mémoire a comme objectif de réétudier les Mimes d’Hérondas et les Idylles de Théocrite à travers la perspective du genre ; celui-ci est défini comme l’ensemble des assignations sociales construites à partir de l’identité sexuelle et désignant les rapports sociaux entre les sexes dont il faut comprendre le fonctionnement et l’évolution. La structure du travail suit un tableau typologique dégager à partir de l’analyse des textes. En sont extraites les catégories suivantes : la femme-épouse, la femme-‘courtisane’, la femme-esclave, la femme-objet de désir, la femme-sexuelle, la femme-mère. Le premier chapitre sera fondé sur le type de la femme-épouse et de la femme-‘courtisane’. Il confronte la dichotomie du respectable/non-respectable et permet de nous rendre compte que la frontière entre ces deux catégories et beaucoup plus floues que ce que l’on pense. Par ailleurs, cette association épouse/courtisane symbolise la différence entre l’espace public et la sphère privée. Elles nous permettent d’analyser comment Théocrite et Hérondas représentent la parole et le comportement des femmes à travers ces deux lieux et de voir que l’épouse n’est plus cantonnée à la maison. Le deuxième chapitre abordera le désir sexuel et érotique en réunissant les types de la femme-objet de désir et la femme-sexuelle. On y voit les différentes manières dont les femmes sont décrites en tant que sujets et objets de désir. Hérondas met en scène des femmes à la sexualité débridée qui agissement de manière désapprouvée socialement. Un accent est également mis sur le maintien des apparences et de la respectabilité. Il existe une séparation entre ce qu’elles disent et ce qu’elles font en privé et en public. La sexualité féminine n’est pas absente chez Théocrite mais se traduit de manière moins explicite et moins crue que chez son condisciple. Théocrite parle plutôt des forces de l’erôs s’imposant à un individu et des femmes en tant qu’objet érotique. Il y a une différence remarquable dans la représentation des femmes par Théocrite dans les idylles urbaines par rapport aux idylles pastorales. Dans celles-ci, les femmes sont décrites n’ayant pas de voix, froides et indifférentes à la souffrance amoureuse de leur prétendant. Ensuite, le troisième chapitre portera sur la représentation des mères. Celle-ci n’est pas très chaleureuse et maternelle. Enfin, le dernier chapitre portera sur la catégorie des femmes-esclaves. Ce type de représentation chez les deux poètes alexandrins rejoignent la représentation générale des esclaves dans la littérature antique et découlent de toute une série d’idées bien établies dans la pensée grecque. Pour conclure, les femmes à l’époque hellénistique atteignent une valorisation sociale différente de celle des temps précédents. Cela se reflète dans la variété des portraits de femmes offerts par les deux poètes. À travers l'évolution des relations qu’entretiennent des femmes avec les hommes et les esclaves, ils montrent comment le contexte social peut modifier les dynamiques d'inclusion et d'exclusion, de domination et de subordination. Plusieurs des textes mettent également l'accent sur la façon dont les activités et les amitiés féminines peuvent renverser les hypothèses de domination et de pouvoir des hommes. Les femmes représentées par les deux poètes partagent une série de points communs. Une grande partie de ces personnages sont autoritaires et rarement décrits de manière sympathique. De manière générale, les idylles de Théocrite mettent en scènes des femmes fortes, en particulier dans ces idylles urbaines. Le style d’Hérondas est plus grossier que celui de Théocrite et ses personnages sont généralement issus de milieux plus bas. De plus, les poèmes de son contemporain abordent des thèmes plus romantiques et élégiaques. Hérondas reste cantonné à des sujets du quotidien plus vulgaires qui mettent en avant les défauts des hommes et des femmes. Les voix et les représentations des femmes dépeintes par les deux poètes alexandrins rendent-ils la réalité des femmes au IIIe siècle avant J.-C. ? Les poèmes de Théocrite et d’Hérondas ont pour but premier de faire rire leurs lecteurs ou audiences. Les représentations des femmes qui s’y trouvent ne sont pas à prendre de manière littérale mais nous donnent des indices sur la condition des femmes à cette époque. Elles reflètent une période de changements sociaux où les femmes bénéficient d’une visibilité plus importante et se libèrent de l’image étriquée du siècle précédent. |





