Mémoire
| Résumé : | Ce mémoire se propose de relire l’histoire de la colonisation, de l’immigration et des quartiers défavorisés belges à travers le prisme particulier et postcolonial du Rap national. En ce sens, ce mémoire n’est pas exactement un mémoire sur l’histoire des colonisations ou l’histoire du Rap belge, mais plutôt une plus subtile analyse du lien étroit reliant les deux concepts. Les points de vue présentés tout au long de ce mémoire sont, pour leur grande majorité, ceux des rappeurs. Il n’est pas forcément question ici de discuter du bienfondé ou de la justification de tels points de vue mais plutôt d’essayer de comprendre et d’analyser l’origine de ces considérations sur la société belge, son passé et son présent. Pour ce faire, les deux premiers chapitres, qualifiables de « préliminaires », présentent en avant-propos l’histoire du Rap belge ainsi que ses liens avec la théorie postcoloniale, à laquelle il n’est au demeurant pas du tout étranger. Une fois le Rap défini comme un produit du postcolonialisme, le récit plonge enfin dans l’histoire coloniale, montrant comment les rappeurs la décrivent, la dénoncent et s’y identifient. Transparait alors en général une dénonciation d’une Histoire officielle tronquée et de crimes ou de vols non-réparés. Ensuite, le récit aborde certaines facettes, dont l’indépendance, les guerres ou l’économie, du Congo contemporain, toujours à travers le regard des rappeurs. Les liens dressés par ceux-ci, reliant le Congo belge au Congo indépendant, sont notamment mis en valeur. De la même manière, l’histoire de l’immigration belge est abordée de façon à montrer comment et pourquoi les rappeurs la conçoivent comme une suite logique des colonies. Enfin, similairement, les descriptions, dans les textes de Rap, de la vie dans les quartiers défavorisés de la Belgique actuelle, incluant la discrimination qui y est vécue au quotidien, sont mises en perspective afin de montrer comment les rappeurs les relationnent avec l’oppression coloniale d’antan, dans un pur style postcolonial. Le but ultime de ce mémoire est ainsi de montrer comment et pourquoi le Rap belge dresse des liens géo-temporels entre le Congo et la Belgique d’hier et d’aujourd’hui, régis par l’impact encore contemporain du passé colonial. |





