Résumé : Malgré le consensus scientifique sur le réchauffement climatique et son origine anthropique, la question est toujours vivement débattue au sein de l’opinion publique. Au-delà d’un simple débat, la crise climatique divise par l’importance qu’elle revête pour certains tandis que, dans les même temps, elle est parfois à peine considérée par d’autres. Certains individus font le choix de porter la crise climatique sur leurs épaules, de déterminer leur mode de vie de façon à réduire au mieux leur empreinte écologique. D’autres sont préoccupés par d’autres enjeux , reléguant la question climatique au second plan. Mais quelles sont les autres attitudes existant au cœur de la population à l’égard de la crise climatique ? Comment se représente-t-on cet enjeu ? Nous avons voulu prospecter au-delà de cette polarisation apparaissant de premier abord à tout un chacun. A l’heure où les réseaux sociaux numériques fournissent un lieu de débat et, d’échange d’informations au-delà des sphères journalistiques et scientifiques, nous avons choisi d’approcher ce sujet en nous concentrant sur la façon dont l’enjeu du réchauffement climatique est discuté en ligne entre utilisateurs Facebook. Aussi, notre fil conducteur fut déterminé comme suit ; « Quelles attitudes à l’égard du réchauffement climatique peut-on identifier via l’analyse des commentaires des internautes aux publications Facebook de la presse ? Quelles sont leurs caractéristiques ? » La méthodologie employée fut une analyse de discours couplée à une analyse de contenu. Adoptant la démarche inductive, nous avons voulu décrypter la construction complexe du discours des internautes en décrivant et classifiant chacun de leurs commentaires au sein d’une grille Excel. Ces énoncés réagissaient à des publications de quotidiens de presse écrite sur leur page Facebook, portant sur la thématique du réchauffement climatique. Les journaux sélectionnés émanent de deux zones géographiques distinctes dans le dessein d’observer s’il existe une différence dans les courants que l’on peut discerner entre commentaires d’Europe de l’Ouest francophone (Belgique et France) et des États-Unis. Pour chaque région, quatre quotidiens témoignant d’une position différente sur l’échiquier politique furent désignés : La Libre Belgique, Le Soir, Le Monde, Le Figaro pour l’Europe occidentale francophone ; The New York Times, The Washington Post, Wall Street Journal et The New York Post pour les États-Unis. Cette décision entérinait l’objectif d’éviter la surreprésentation d’une orientation d’une part et d’observer une hypothétique réitération d’attitudes selon des biais partisans similaires d’autre part. Nos résultats révélèrent un total de huit tendances à l’égard de la crise climatique. Les cinq tendances présentes dans chaque région furent le climatoscepticisme, le « contrediscours au climatoscepticisme », le « climato-idéalisme », le « climato-alarmisme » et enfin le « climato-fatalisme ». Dans une moindre mesure, le « contrediscours au climato-alarmisme », le « climato-réalisme », et le « contrediscours à la climato-hypocrisie climato-minimalisme » furent uniquement présents dans le corpus américains. L’orientation politique ne s’avéra pas être déterminante mais plusieurs distinctions entre les deux régions étudiées furent établies.