Mémoire
| Résumé : | En 2011, la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a connu de nombreuses révoltes populaires, qui ont bousculé les régimes au pouvoir dans ces pays. Sur le plan international, ces événements ont également eu un impact sur les pays du Sahel ainsi que les pays de l’Union européenne, surtout au niveau de la mobilité des flux migratoires, avec une augmentation remarquable de cette dynamique, dont les pays du Sahel, de l’Afrique du nord et de l’Europe ont été le terrain. L’Union européenne a défini ce phénomène comme une menace à sa sécurité et a adopté différentes mesures pour le contrôler, dont la stratégie pour la sécurité et développement au Sahel. Ce mémoire a pour objectif d’analyser la réponse européenne, en se focalisant sur le Niger et posant la problématique suivante : Comment l’Union européenne gère-t-elle sur les plans politique et sécuritaire les flux migratoires passants par le Niger à travers la mission EUCAP Sahel Niger ? Afin d’apporter une réponse à cette question, ce mémoire s’est basé sur le cadre théorique de l’école de Paris pour examiner les discours des fonctionnaires de l’Union européenne, les documents cadre de la stratégie pour la sécurité et le développement au Sahel et le travail de son mécanisme exécutif EUCAP Sahel Niger en mobilisant la méthode d’ « analyse du cadrage » et l’analyse du discours critique. La sécuritisation de la migration au niveau du discours, l’externalisation des frontières vers le Sahel au niveau stratégique et le renforcement de l’État-nation au Niger et de ses mécanismes de contrôle au niveau pratique, ont été les réponses de l’Union européenne à la dynamique migratoire passant par ce pays. Pour légitimer ces mesures, il était important de définir les migrants comme une menace pour la sécurité de l’Europe et de mobiliser une lecture politique qui considère que l’immigration vers le nord soit liée au motif économique, légitimant le discours économiste fondé sur l’approche développementiste, en ignorant les causes profondes de ce phénomène qui sont liées à l’héritage colonial, à l’absence de contrôle souverain des ressources naturelles, aux guerres civiles et à l’ingérence dans les choix politiques des pays de cette région. |





