Résumé : Depuis quelques années, l’Union européenne traverse une crise multiforme qui ont mis à mal sa popularité. Un peu partout en Europe, on assiste à une explosion de la rhétorique eurosceptique dans le discours à la fois politique et populaire. La République Tchèque n’a pas échappé à cette mouvance eurosceptique qui a vigoureusement animé le débat public ces dernières années. Après le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union, de plus en plus de médias ont évoqué un éventuel « Czexit » ; si bien que, le 30 juin 2016, le président Miloš Zeman a proposé de convoquer un référendum sur le possible retrait de la République Tchèque de l’Union européenne même s’il a ajouté qu’il n’était pas favorable à ce dernier.Auparavant d’un caractère euro-enthousiaste, la conception de l’Union par les élites politiques tchèques a changé avec le temps et tend à se montrer plus hostile à certains aspects du processus de l’intégration européenne. Ainsi, le présent mémoire vise à étudier, à travers l’analyse du discours des représentants de l’exécutif, quelles sont les formes de résistances à l’Europe présentes aujourd’hui en République tchèque. L’analyse de leurs positions vis-à-vis de l’Europe révèle ainsi plusieurs points de discorde entre la conception voulue par l’exécutif et la direction actuellement prise par l’Union européenne. Cette étude est d’autant plus intéressante qu’elle s’inscrit en plein préparatifs de la future présidence tournante du Conseil européen par la République tchèque. Elle indique donc les priorités que le pays voudra sûrement donner à cette présidence en 2022.