Mémoire
| Résumé : | Inscrit dans la lignée des apports de l’étude des mouvements sociaux transnationaux et plus particulièrement de la sociologie politique de l’international appliqués à l’étude du regain significatif de contestation et de la construction d’un mouvement social contre le franc CFA sur le continent africain ainsi qu’au sein de la diaspora et relayé par des organisations du nord ; le présent mémoire met en lumière le rôle et les effets de l’international sur les mobilisations. Il démontre derrière un discours commun contestant le CFA comme un outil de la Françafrique et une monnaie coloniale, une hétérogénéité d’acteurs, de formes de la critique comme de répertoires d’action. A l’aide d’une sociographie des acteurs impliqués, il révèle l’importance des trajectoires personnelles, de l’ancrage national et des liens entretenus avec l’international dans l’explication de ces différences. Il met ainsi en lumière une mobilisation qui se construit dans le même temps et différemment sur différentes échelles. Il éclaire le processus de l’internationalisation de la cause au travers des acteurs qui la portent et en particulier d’économistes africains internationalisés. Il démontre une transnationalisation de l’action collective qui passe par des acteurs disposés à s’investir à l’international, comme vecteur de diffusion au travers de leurs partenariats et collaboration avec des organisations du nord. Parallèlement, il décrit des mobilisations portées sur le continent par des organisations ancrées nationalement dans des causes propres à leurs contexte nationaux et dont la critique, dans ses formes et registres d’action se trouve modelée par les contraintes, la répression des autorités et les mémoires, luttes passées qui leurs sont associées. Notre étude met également en lumière le rôle significatif des acteurs de la diaspora, protestataires à distance qui articulent le débat entourant le franc CFA à la dénonciation de la discrimination et de la « négrophobie » et revendiquent de ce fait une posture, tonalité plus radicale. Dans ce cas, le rôle de l’ancrage national, aussi bien de son cadre légal comme des expériences qui y sont vécues est mis en avant. Cette étude démontre enfin les effets de l’internationalisation sur les mobilisations elles-mêmes. Elle se révèle dans notre cas d’étude être à la fois une ressource, générant visibilisation et médiatisation d’une cause portée de longue date, une opportunité pour les acteurs qui y accèdent et une nouvelle arène permettant de contourner la répression. Elle s’avère néanmoins dans le même temps porteuse d’effets contraignant, modelant le cadrage de la cause tant que les registres et formes de la critique et générant des tensions, lignes de fractures au sein du mouvement. Ces observations révèlent une continuité entre les lignes de connexions, articulations d’échelles sur lesquelles elle se construit et celles qui ont fait naître le panafricanisme, les mouvements d’indépendance, initiés, portés par des leaders et intellectuels à distance. |





