Résumé : Ce travail de recherche s’intéresse au processus de négociation entre le gouvernement colombien et les FARC, initié par le Président Juan Manuel Santos entre 2012 et 2016, et les effets qu’il a produit sur la pacification de ce conflit qui dure depuis plus de 50 ans. À travers ce travail nous essayons de comprendre d’une part, le rôle de l’inachèvement de l’État dans la prolongation du conflit, dans les difficultés de parvenir à un accord de paix et dans la difficulté de la mise en œuvre de celui-ci. D’autre part, nous tentons d'étudier les effets de la prolongation du conflit interne sur les capacités de l’État colombien (et comprendre quels sont les effets du processus de paix dans la construction de l’État). Nous faisons l’hypothèse que l’inachèvement de l’État a provoqué des mécontentements internes, auxquels l’État était incapable de répondre. Le manque de capacité étatique a encouragé la privatisation de la sécurité et engendré l’apparition d’acteurs armés défiant l’autorité de l’État, qui ont à leur tour perpétué cet affaiblissement. Traditionnellement, les conflits sont perçus comme un moyen de renforcer le processus de construction étatique et donc de consolider les capacités de l’État. Cependant, si cette affirmation découle de l’étude des conflits internationaux, elle n’est pas aussi évidente dans le contexte d’un conflit interne. Nous commençons notre mémoire par introduire notre sujet de recherche. Nous développerons notre question de recherche, nos hypothèses et notre méthode d’analyse. Le corps de notre travail sera, quant à lui, divisé en deux parties. Le premier chapitre est consacré à la formation de l’État colombien et aux raisons de son manque de capacité et d’ineffectivité. Nous réfléchirons au concept d’État tel qu’idéalisé dans la philosophie politique et relierons ce concept théorique aux spécificités du contexte colombien. Le second chapitre s’intéressera aux acteurs internes au conflit, à leurs interactions et aux impacts qu’ils ont sur la résolution de celui-ci. Nous terminerons notre travail par une conclusion générale, qui revient sur les constats de la recherche.