Résumé : Ce mémoire a pour but d’identifier quel impact la Haute Autorité de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) a effectivement eu sur la législation autour de la santé au travail, et s’intéresse tout spécialement au cas de la reconnaissance de la silicose comme maladie professionnelle en Belgique. Dès lors, ce travail est divisé en trois grandes parties, elles-mêmes divisées en chapitres et sous-chapitres. La première partie se focalise sur l’élaboration de la silicose en tant que maladie professionnelle transnationale. Son histoire s’avère avoir été extrêmement complexe. Elle a tout d’abord dû supporter tout le poids des traditions médicales européennes et de leur héritage, niant sa découverte en tant que maladie à part entière, puis sa théorisation. Ensuite, la pathologie a été victime des négociations à son égard par les plus puissants au travers de discours biaisés ainsi que d’études réalisées par des médecins corrompus. La seconde partie s’intéresse aux politiques économiques et sociales de la CECA, plus spécifiquement sur la santé au travail et la sécurité sociale qu’elle souhaite voir naître au sein de ses Etats Membres. Rapidement, la jeune Communauté se tourne clairement vers l’économie, au détriment de sa potentielle politique sociale. Les ouvriers des mines belges, atteints ou non de silicose, en seront des victimes à maintes reprises : nouvelle organisation du travail, faiblesse de mesures préventives, crise du charbon et faible – voire inexistante – réaction de la part de l’ancêtre de l’actuelle Union Européenne (UE). Une mince lueur d’espoir survient alors à l’étranger via un pays pionnier, l’Afrique du Sud, et les premières organisations internationales.Enfin, la dernière partie se concentre sur le cas spécifique de la lente reconnaissance de la silicose en tant que maladie professionnelle en Belgique. Suite à l’attitude du patronnant charbonnier, cherchant à tout prix à freiner l’évolution des lois concernant la santé au travail, il faudra attendre des décennies avant que les négociations visant à la reconnaissance de la silicose comme maladie professionnelle aboutissent enfin. Deux éléments déclencheurs accélèreront le processus. Tout d’abord, les prises de position de plus en plus affirmées des syndicats nationaux, ainsi que des ouvriers et du gouvernement italiens, forceront les politiques belges à agir et à revenir sur leur déni. Plus tard, la tragique catastrophe de Marcinelle exposera internationalement les piètres conditions de travail et les mauvais traitements réservés aux mineurs en Belgique. Ce sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase.