Résumé : Progressivement, la cause animale fait l’objet d’une prise en considération dans le champ politique. La littérature avait longtemps déploré le rôle d’agrément que la revendication du bien-être animal jouait dans les programmes électoraux existants, afin d’enjoliver des ensembles de propositions axés sur de tout autres questions. Or, depuis les deux dernières décennies, la présence accrue de partis animalistes au sein de l’offre électorale a modifié cette donnée et a promu l’éthique animale comme étant une cause qui requérait des décisions politiques osées et innovantes. Le présent travail prend le parti d’étudier l’action et les résultats de trois partis animalistes – le Partij voor de Dieren, Dieranimal et le Parti animaliste – dans le but de démontrer l’hypothèse suivante : plus le parti étudié définit une position claire sur d’autres enjeux (économique, social, sécuritaire, etc.), outre son objectif constitutif, plus il a de chances d’obtenir des résultats concrets relatifs à son objet premier. Cette recherche suit une logique hypothético-déductive : la présomption énoncée est en effet soumise à l’analyse des programmes et manifestes des partis sélectionnés, en lien avec les aboutissements de leur action. In fine, les conclusions abondent dans le sens de l’hypothèse : plus le parti diversifie son champ d’action, plus il est probable qu’il obtienne des voix et des résultats quant à la cause animale. Cette conclusion est néanmoins étayée par l’examen d’autres facteurs qui interviennent dans les résultats du parti – d’une part, des facteurs structurels et indépendants de sa volonté tels que les transformations sociétales actuelles, le mode de scrutin adopté par le pays étudié ou l’augmentation de la volatilité électorale et, d’autre part, des facteurs relatifs à la stratégie qu’emprunte délibérément le parti.