Résumé : La participation de la Belgique aux opérations de maintien de la paix dans les années 1990 a connu une évolution majeure. Dans le cadre de ce travail de fin d’études, une réponse a été apportée à la question suivante : ‘Comment la participation militaire belge à l'opération de la FORPRONU en ex-Yougoslavie a-t-elle influencé la politique étrangère belge ?’ Une analyse de la politique étrangère et de sécurité belge a été réalisée par le biais d'une étude documentaire, d’un point de vue constructiviste, portant sur les positions des partis majoritaires de Dehaene I et II, les déclarations politiques des premiers ministres et des ministres des affaires étrangères du gouvernement Dehaene I et II, d'une part, et l'analyse des lessons learned tirés des opérations de paix en général, d'autre part. Les programmes des partis au pouvoir, le CVP et le PS, montrent tous deux un fort ancrage de la politique étrangère et de sécurité dans un cadre européen. Il est cependant à noter que dans le programme du PS, avant les élections de 1995, il n'y a pratiquement pas de politique de sécurité dans le cadre de l'OTAN. Ceci est d'autant plus remarquable que cette période a été caractérisée par une diminution de la contribution de la Belgique aux Nations Unies et une augmentation de l'OTAN. L'accord de coalition de Dehaene I et Dehaene II respectivement et les déclarations politiques des ministres des Affaires étrangères ont réaffirmé l'ancrage de la politique de sécurité belge dans un cadre européen. Les lessons learned de la FORPRONU ont eu une influence sur la politique de sécurité étrangère de Dehaene II. La future participation belge aux missions de maintien de la paix devait être testée à l'aune des dispositions de cet accord de coalition. Toutefois, ce travail a montré qu'il est difficile de déterminer dans quelle mesure la contribution de la FORPRONU a pesé dans les dispositions supplémentaires de l'accord de coalition Dehaene II. Le fait que la Belgique réduise au minimum sa contribution aux missions de maintien de la paix à partir de 1998 pourrait être considéré comme un tel changement de politique dans un cadre plus large. Le choix du gouvernement d'opter pour l'OTAN après 1995, malgré son ancrage européen, peut également être nuancé par le fait que l'Europe n'a pas pu réaliser une approche globale de la crise en ex-Yougoslavie et a donc dû demander l'aide des Nations unies. Il faudra attendre l’accorde de gouvernement de Verhofstadt I en 1999 pour permettre à nouveau à l'Union européenne de s’imposer au sein de la politique étrangère et de sécurité de la Belgique. Ceci, toutefois, avec la nuance que les autres entités continueraient à remplir leur propre rôle spécifique. La Belgique restera toujours fidèle aux Nations unies, d'une part, et à l'OTAN, d'autre part.