Résumé : Objectif : Comparer la dynamique cérébrale (EEG) au repos (état de déambulation mentale) et en méditation (état d’attention ouverte), avant et après un entraînement à la méditation.Matériel et méthode : 19 sujets (41,8 ± 10,9 ans) ont suivi un programme de méditation (MBSR) de deux mois. Les deux sessions de mesure avant (S1) et après (S2) l’entraînement comprenaient une première phase de repos (8 min, R) suivie d’une phase de méditation subdivisée en 3 parties (chacune de 8 min, RM1-3) et se terminaient avec une dernière phase de repos (8 min). Pendant l’intégralité des enregistrements, les sujets étaient soumis à des stimuli auditifs réguliers (intervalle fixe 3s), auxquels ils n’avaient pas à porter d’attention particulière. Notre analyse s’est portée sur la comparaison des perturbations évoquées par les stimuli auditifs sur l’activité cérébrale (ERP, ERSP et ITC), au cours de R et RM3 et entre S1 et S2.Résultats : Les résultats ont montré un effet tant de l’entraînement que de la méditation (postentraînement) sur la composante ERP pré-stimulus (de -240 à -140 ms), ainsi que sur la puissance de la bande thêta pré-stimulus (de -500 à -400 ms). Nous avons également observé un effet de la méditation (post-entraînement) sur l’ERP post-stimulus (500 à 550 ms), couplé à un « pure phase-locking » des oscillations bêta (16-18Hz). La méditation se caractérise par ailleurs par une augmentation globale de la puissance du signal dans la bande de fréquence bêta (24-28 Hz) durant la méditation après entraînement.Conclusion : Nos travaux suggèrent que (1) la méditation influe sur la dynamique cérébrale et (2) qu’un entraînement de 8 semaines modifie la dynamique de l’activité cérébrale au repos. De futurs travaux seraient à mener afin d’interroger l’évolution et la persistance de ces modifications à long terme.