par Konate Sidibe, Salamata 
Président du jury Saint-Paul, Isabelle
Promoteur Di Jorio, Irene
Co-Promoteur Yaméogo, Lassané
Publication Non publié, 2026-10-13

Président du jury Saint-Paul, Isabelle

Promoteur Di Jorio, Irene

Co-Promoteur Yaméogo, Lassané
Publication Non publié, 2026-10-13
Thèse de doctorat
| Résumé : | RésuméL’objectif de la thèse est d’analyser l’évolution des stratégies et pratiques de communication déployées par les gouvernements burkinabè au cours de la période allant de 2016 à 2023 dans un contexte de crises sécuritaires, d’instabilité socio-politique et de guerre. La thèse s’appuie sur un corpus de presse du quotidien d’Etat Sidwaya, complété par une enquête qualitative auprès de trente-six interlocuteurs, en majorité des acteurs de la communication publique, dont huit entretiens exploratoires libres et vingt-huit entretiens semi-directifs. L’examen de ces sources, croisé avec une recherche documentaire approfondie, a permis de reconstruire, de l’intérieur, la communication des gouvernements Kaboré, Damiba et Traoré. A partir de la théorie du cadrage de Robert M. Entman, une analyse a été également menée sur les discours, les processus, la nature des relations entre les acteurs concernés ainsi que sur la portée de leur communication dans la structuration de ces relations.Les résultats des recherches montrent à la fois des similitudes dans la communication des gouvernements successifs et des spécificités propres à chacun d’eux. Du point de vue des similitudes, il ressort une prédominance des discours officiels et des communiqués de presse sur les conférences de presse et les interviews. Ce constat témoigne de la volonté des gouvernements de privilégier le discours officiel et le contrôle des messages plutôt que de s’exposer à des imprévus et aux risques de contradictions dans le cas des interviews et des conférences de presse.Plus spécifiquement, la communication de crise du gouvernement Kaboré est marquée par des tâtonnements communicationnels liés à l’absence d’une véritable stratégie de communication de crise durant son premier mandat (2016 à 2020). Cette lacune sera progressivement corrigée pendant son deuxième mandat (2021 à 2022). La communication de crise du gouvernement Damiba procède à la révision et à la consolidation de la stratégie de communication mise en place par le gouvernement Kaboré, tout en intégrant de nouvelles réponses communicationnelles face à la crise sécuritaire, axées sur la reconquête du territoire national, la proximité avec les forces combattantes pour les galvaniser, la cohésion sociale et le dialogue avec les groupes armés terroristes à travers les comités locaux. Enfin, les spécificités communicationnelles du gouvernement Traoré tiennent à la rupture avec la communication de crise et au passage à une communication de guerre. Celle-ci est axée sur le contrôle des médias et des réseaux sociaux, l’adoption de mesures restrictives des libertés publiques, la valorisation des forces combattantes et une posture de défiance à l’égard de la communauté internationale au nom de la souveraineté nationale. Cette communication de guerre met un accent particulier sur les notions de patriotisme, de révolution, de contribution à l’effort de guerre et de reconstruction du pays. |
| AbstractThe objective of this dissertation is to analyze the evolution of communication strategies and practices employed by Burkinabé governments during the period from 2016 to 2023 against a backdrop of security crises, sociopolitical instability, and war.The dissertation draws on a corpus of articles from the state-run daily newspaper Sidwaya, supplemented by a qualitative survey of thirty-six respondents—mostly public communication professionals—including eight open-ended exploratory interviews and twenty-eight semi-structured interviews. An examination of these sources, combined with in-depth documentary research, made it possible to reconstruct, from the inside, the communication strategies of the Kaboré, Damiba, and Traoré governments. Drawing on Robert M. Entman’s framing theory, an analysis was also conducted of the discourses, processes, and nature of the relationships among the relevant actors, as well as the impact of their communication on the structuring of these relationships.The research findings reveal both similarities in the communication strategies of successive governments and specific characteristics unique to each.In terms of similarities, official statements and press releases predominate over press conferences and interviews. This finding reflects governments’ desire to prioritize official statements and control over messaging rather than expose themselves to unforeseen events and the risk of contradictions that can arise during interviews and press conferences.More specifically, the Kaboré administration’s crisis communication was marked by trial-and-error approaches stemming from the absence of a genuine crisis communication strategy during its first term (2016–2020). This shortcoming was gradually addressed during its second term (2021–2022). The Damiba government’s crisis communication revises and consolidates the communication strategy implemented by the Kaboré government, while incorporating new communication responses to the security crisis, focused on reclaiming national territory, building close ties with combat forces to galvanize them, fostering social cohesion, and engaging in dialogue with armed terrorist groups through local committees. Finally, the Traoré government’s communication approach is characterized by a break from crisis communication and a shift toward war communication. This approach focuses on controlling the media and social media, adopting measures that restrict civil liberties, promoting the combat forces, and adopting a defiant stance toward the international community in the name of national sovereignty. This war communication places particular emphasis on the concepts of patriotism, revolution, contribution to the war effort, and the country’s reconstruction. |



