Résumé : Dans un contexte d’urbanisation croissante et de pression climatique accentuée, les territoires locaux sont en premières lignes face aux effets du changement climatique. Cette étude se base sur les retours à l’été 2025, des acteurs et actrices de l’adaptation climatique qui mettent en œuvre les politiques d’adaptation dans cinq communes bruxelloises. L’étude met en évidence les principales stratégies développées par les coordinations des Plans d’action climat communaux (PAC) pour traduire les objectifs d’adaptation en actions concrètes dans un contexte marqué par de fortes contraintes financières, réglementaires et institutionnelles. L’analyse croisée des entretiens fait notamment état du sous-investissement de la mobilisation citoyenne comme levier pour pousser l’adaptation tout comme la moindre intégration des notions d’inégalités environnementales [De Muynck et al. 2021] dans la mise en œuvre de ces politiques publiques. Au-delà de ces constats, elle examine également dans quelle mesure les outils de la rénovation urbaine - en particulier les Contrats de Quartier Durables (CQD) et les Contrats de Rénovation Urbaine (CRU) – par leur ancrage institutionnel et historique peuvent constituer des leviers pour renforcer cette mise en œuvre. L’étude montre que si ces dispositifs présentent des caractéristiques particulièrement favorables à l'opérationnalisation de l'adaptation, leur potentiel demeure aujourd'hui encore partiellement mobilisé. Cette situation peut s'expliquer à la fois par les difficultés de coordination entre niveaux de pouvoir et par le fait que les politiques de rénovation urbaine et les Plans d'action climat relèvent de cadres institutionnels, de trajectoires historiques et d'objectifs qui ne se recouvrent que partiellement. Cependant, la rénovation urbaine apparaît comme un levier particulièrement prometteur pour articuler les objectifs d’adaptation avec des enjeux plus larges de transformation territoriale, de justice sociale et de justice environnementale.