par Broustau, Nadège 
Référence Colloque Influence et Propagande ULB-EHESS (15-16 septembre 2025: Université libre de Bruxelles)
Publication Non publié, 2025-09-16

Référence Colloque Influence et Propagande ULB-EHESS (15-16 septembre 2025: Université libre de Bruxelles)
Publication Non publié, 2025-09-16
Communication à un colloque
| Résumé : | Le 14 novembre 2019, la Belgique a supprimé la prescription des infractions sexuelles graves commises sur des mineurs dans son Code de procédure pénale, modifiant ainsi une loi du 17 avril 1878. Entrée en vigueur fin décembre 2019, la nouvelle loi faisait de la Belgique l’un des rares pays à retirer le principe de prescription pour ce type de crimes, malgré un plaidoyer existant dans d’autres pays (Courtin, 2023 ; Callemein, 2022 ; Randall, 2010). Ce changement législatif parachevait un long processus de négociations entre associations de défense des victimes et de lutte contre les violences sexuelles, notamment SOSInceste, et décideurs exécutifs et législatifs belges. La publication de plaidoyers avec des partenaires (Goderniaux, 2020), la promotion ciblée de la cause auprès des parties prenantes des secteurs de la santé, de la justice, du droit, des élu.e.s politiques, de la société civile, ont servi d’étapes et de leviers d’influence pour créer des alliances, permettant de franchir les résistances au retrait de ce « droit à l’oubli » des personnes potentiellement coupables - alors même que l’amnésie traumatique, dissociative, des victimes est largement documentée et étayée scientifiquement (Goderniaux, 2020 ; Ducrocq, 2015 ; Crocq, 2014 ; Roisin, 2010). Adopter des procédés professionnels de communication persuasive et d’influence, se former aux techniques de lobbying pour mener des campagnes de sensibilisation et d’information visant à faire évoluer les cadres de loi et d’intervention de l’État confronte les acteur.rice.s de cette lutte à des rôles et techniques stratégiques parfois en conflit avec les valeurs qu’ils et elles souhait(ai)ent incarner. À partir d’entretiens biographiques menés avec plusieurs associations belges impliquées dans ces enjeux d’influence sociopolitique depuis une vingtaine d’années, nous explorons la tension, passée ou actuelle, entre des représentations du « jeu » du lobbying axées sur les notions de propagande et de manipulation (Courty, 2020), la mission psychosociale envisagée comme une médiation et une éducation transparentes (Campbell et al., 1998), et le militantisme, agissant comme moteur de pressions légitimes (Allard, 2008, Bevacqua, 2000). |



