par Petel, Matthias
Référence Revue juridique de l'environnement, 2025, HS1 Numéro spécial, page (277 à 294)
Publication Publié, 2026-04-21
Article révisé par les pairs
Résumé : Le discours des droits de la nature s’articule autour de la dichotomie entre anthropocentrisme et écocentrisme, inspirée par le champ de l’éthique environnementale. Cette grille de lecture tend à invisibiliser les racines sociales de la crise écologique en suggérant une humanité unifiée, appelée à réviser sa relation à la nature. Nous soutenons au contraire que le mouvement des droits de la nature doit s’inscrire dans la perspective de l’écologie politique, attentive aux asymétries de pouvoir qui structurent les sociétés humaines, loin d’une condamnation abstraite de l’anthropocentrisme. Une multitude de possibilités s’ouvrent alors à la discussion, dont il convient d’étudier les implications distributives. Nous explorons trois cadresconceptuels susceptibles d’orienter l’institutionnalisation des droits de la nature : la nature sauvage, la justice environnementale et le monopole autochtone. Chacun des trois scénarios génère son lot de contradictions irrésolues. La protection de la nature ne peut s’appuyer sur un consensus moral ; elle s’inscrit dans un espace conflictuel où s’affrontent des visions du monde divergentes et des intérêts antagonistes.