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Résumé : La thèse montre que la guerre menée lors de l’opération Serval est structurée par des « cadres de guerre » co-produits par les autorités politiques et militaires françaises, qui permettent à la fois d’organiser l’action, de donner sens au conflit et de légitimer la violence contre-terroriste. À partir de l’analyse des mémoires militaires, elle met en évidence le rôle central de l’agentivité militaire dans la construction de ces cadres, déclinés en régimes stratégique, nécropolitique, scopique et mémoriel. Loin de répondre à une menace objective, l’intervention apparaît comme le produit de logiques convergentes, inscrites dans des continuités postcoloniales, où la violence est progressivement normalisée, esthétisée et justifiée. Ainsi, la compréhension du « contre-terrorisme » français au Mali suppose d’analyser ces cadres comme des dispositifs imbriqués de pouvoir, de perception et de mémoire, qui prolongent et réactualisent des formes de domination héritées du passé colonial.The thesis demonstrates that the war conducted during Operation Serval is structured by “frames of war” co-produced by political and military authorities, which both organize action, give meaning to the conflict, and legitimize counterterrorist violence. Drawing on the analysis of military memoirs, it highlights the central role of military agency in constructing these frames, articulated through strategic, necropolitical, scopic, and memorial regimes. Far from responding to an objective threat, the intervention appears as the product of converging logics rooted in postcolonial continuities, where violence is progressively normalized, aestheticized, and justified. Thus, understanding French counterterrorism in Mali requires analyzing these frames as intertwined dispositifs of power, perception, and memory that extend and renew forms of domination inherited from the colonial past.