par Kellner, Thierry ;Djalili, Mohammad Reza
Référence Diploweb.com
Publication Publié, 2026-03-01
Article de presse ou de vulgarisation
Résumé : Les projecteurs sont braqués sur la contestation du régime en Iran. Les auteurs mettent en perspective de façon documentée la grave crise de l’eau que vit ce pays, comprise comme un révélateur des errances multiformes du régime iranien depuis de nombreuses années. Par ses choix et sa gestion calamiteuse de l’eau, il a mis en danger l’avenir même de la population et du pays. En quelques cinq décennies de gaspillage, d’inefficacité, de corruption, de choix idéologiques aberrants, il a contribué à rendre stérile des terres qui ont pourtant portés durant des siècles une des plus glorieuses civilisations de l’histoire de l’humanité. Face au désastre de la crise hydrique, le gouvernement iranien a adopté en octobre 2025 un nouveau plan national de gestion du changement climatique. Il vise notamment à renforcer la résilience dans des secteurs critiques tels que l’eau et l’agriculture. Il en avait déjà adopté un en 2017, sans grande avancée. Dans une démarche sans précédent, le régime islamique envisage désormais d’importer de l’eau et d’acheter les excédents d’eau de voisins consentants. Il cherche aussi à augmenter les importations de biens gourmands en eau pour préserver les ressources nationales. Dans ce contexte, on ne peut que constater l’échec de son discours fondé sur l’auto-suffisance, l’indépendance et la résilience. Rien n’indique par ailleurs que ce nouveau plan et cette nouvelle piste suffiront à atténuer une crise d’une telle ampleur. La population iranienne pourrait, elle, en tirer les conclusions. Sans compter la pression des Etats-Unis. Quelle que soit l’issue de la crise politique présente, la question de l’eau pèsera lourdement sur l’avenir de ce pays. Cette étude démontre la multiplicité des paramètres qui entrent en ligne de compte.