par Servais, Julie
;Godin, Isabelle
;Vanhoutte, Bram 
Référence Genre et Sexualité sur le terrain : Repenser la Positionnalité, l'Epistémologie et la Sécurité à travers les Prismes Féministes et Queer(11 au 13/05/2026: Bruxelles)
Publication Publié, 2026-02-20
;Godin, Isabelle
;Vanhoutte, Bram 
Référence Genre et Sexualité sur le terrain : Repenser la Positionnalité, l'Epistémologie et la Sécurité à travers les Prismes Féministes et Queer(11 au 13/05/2026: Bruxelles)
Publication Publié, 2026-02-20
Abstract de conférence
| Résumé : | Les recherches apparentées de près ou de loin au sciences humaines impliquent fréquemment des chercheur·euses qui n’appartiennent pas aux communautés étudiées et qui occupent des positions de pouvoir institutionnel, social ou académique. C'est fréquemment le cas des recherches portant sur le genre et la sexualité. Si la reconnaissance de ces asymétries est aujourd’hui largement attendue à travers des déclarations de positionnalité, ces dernières tendent parfois à devenir des exigences normatives, sans toujours interroger leurs implications concrètes pour la conduite de la recherche.Cette communication propose un questionnement réflexif, méthodologique et éthique à partir d’une recherche menée avec des adolescents et jeunes adultes transgenres et non-binaires, des parents et des professionnel·les qui les accompagnent, reposant sur une démarche participative et de co-construction. Dès les premières étapes du projet, des personnes directement concernées ont été impliquées de manière continue afin d’accompagner, questionner et ajuster les choix méthodologiques, les outils de collecte, l’interprétation des résultats et les formes de restitution.En tant que chercheuse ne faisant pas partie des communautés concernées et située dans une position de chercheuse connotée comme socialement privilégiée, cet accompagnement a constitué une condition essentielle pour garantir la pertinence, le bien-fondé et l’éthique de la recherche. Il a également transformé ma propre position, initialement celle d’une outsider, vers une position intermédiaire que nous proposons de qualifier d’in-betweener. Cette position ne repose ni sur une appartenance communautaire, ni sur une neutralité supposée, mais sur un engagement relationnel fondé sur une réflexivité continue, le dialogue et la co-construction des savoirs.À partir de cette expérience, la communication soutient que la positionnalité ne peut se réduire à une déclaration ponctuelle dans les publications. Elle doit être pensée comme un processus dynamique, régulièrement réévalué tout au long de la recherche. En déplaçant la réflexivité du qui suis-je ? vers le comment je fais de la recherche, avec qui, et à quelles conditions, cette contribution propose de faire de la positionnalité un outil méthodologique et éthique à part entière dans les recherches sur le genre et la sexualité. |



