par Mercado Jara, Alvaro
;Salgado Cofré, Daniela
;Declève, Marine
;Grulois, Geoffrey 
Référence Dérivations (Liège), 11
Publication A Paraître, 2026-07-01
;Salgado Cofré, Daniela
;Declève, Marine
;Grulois, Geoffrey 
Référence Dérivations (Liège), 11
Publication A Paraître, 2026-07-01
Article révisé par les pairs
| Résumé : | La cordillère des Andes traverse l’Amérique du Sud le long des côtes du Pacifique. Depuis plus de cinq siècles, elle est représentée comme un axe de richesse, de progrès et de modernisation, à travers des régimes visuels qui naturalisent l’extraction comme horizon des territoires périphériques du Sud Global.En partant des Andes, cet article soutient que l’extractivisme se maintient non seulement par des interventions matérielles, mais aussi par des modes de représentation qui déterminent ce qui devient visible — et selon quelles modalités — et ce qui demeure non visualisé ou illisible dans des territoires historiquement configurés comme réservoirs de ressources au sein des géographies Nord–Sud. Les effets de ces représentations ne sont pas uniquement environnementaux ou économiques : ils atteignent le plan ontologique des êtres qui les habitent.Les travaux de cartographie critique ont montré que les représentations cartographiques ne sont pas neutres : elles organisent le visible, le gouvernable et l’exploitable . Depuis la fin du XVIIIe siècle, cartes géologiques, coupes et visualisations techniques cadrent les territoires des Andes comme substrats abstraits de ressources . Dans cette perspective, la représentation en coupe du sol–sous-sol andin agit comme une technologie de mise en lisibilité extractive. Elle transforme la montagne, la vallée et son bassin versant en un inventaire lisible, tandis que les mémoires, liens, affects, agentivités humaines et plus-qu’humaines deviennent invisibles.C’est sur ce mode de représentation en coupe que nous nous concentrons dans cet article en prenant appui sur deux notions théoriques. D’une part, le god trick de Donna Haraway : l’illusion d’un regard universel et désincarné produisant un savoir comme s’iel voyait depuis nulle part. D’autre part, la notion de seer de Mary Louise Pratt , désignant le voyageur blanc européen qui organise le territoire en panorama lisible, le rendant appropriable. En rendant visible l’abondance minérale depuis une perspective prétendument objective, les représentations extractivistes réalisées dans les Andes occultent la violence territoriale qu’elles induisent. |



