Article révisé par les pairs
Résumé : La restitution des objets culturels spoliés durant la colonisation constitue aujourd’hui une composante essentielle des démarches de réparation historique. Bien qu’elle ne puisse, à elle seule, épuiser la question des réparations, elle en représente toutefois une modalité concrète, à la fois symbolique et politique. La restitution des artefacts et dépouilles humaines aux communautés d’origine participe d’une reconnaissance des violences coloniales. Elle vient s’associer aux efforts des peuples spoliés pour réaffirmer leur dignité, renforcer leur identité et leur autonomie culturelle. Cet article aborde les différents éléments et acteurs qui ont amené la Belgique à changer de position concernant les restitutions de dépouilles humaines et d’objets culturels, et montre comment la restitution a été sollicitée, puis mobilisée, pour servir de politique de réparation. Bien que les questions de restitution touchent différents pays, nous nous concentrons sur les débats menés avec la République démocratique du Congo (RDC) – État indépendant du Congo, propriété personnelle de Léopold II, roi des Belges, de 1885 à 1908, puis colonie belge jusqu’en 1960 – et ses diasporas. En mettant en exergue les difficultés et les spécificités des tentatives de réparation mises en œuvre depuis 2020, l’objectif est de comprendre la teneur des blocages rencontrés dans les démarches de restitution, d’identifier les acteurs et de tracer une chronologie socio-politique.