par Gemander, Ariane 
Président du jury Zamora Vargas, Daniel
Promoteur Bergamaschi, Isaline
Co-Promoteur Gobin, Corinne
Publication Non publié, 2026-03-18

Président du jury Zamora Vargas, Daniel

Promoteur Bergamaschi, Isaline

Co-Promoteur Gobin, Corinne

Publication Non publié, 2026-03-18
Thèse de doctorat
| Résumé : | Cette thèse de doctorat étudie les interventions du Fonds monétaire international (FMI) dans deux situations de crises européennes, les transitions post-communistes des États d’Europe centrale et orientale (avec le cas de la Bulgarie) et la crise de la zone euro à partir de 2009 (avec le cas de la Grèce). Ces deux cas d’étude, s’ils relèvent de contextes historiques, politiques et économiques radicalement différents, ont néanmoins pour point commun de constituer tous deux des « semi-périphéries » européennes dans la structure économique et financière mondiale et d’être encadrés, à degrés très divers, par le processus de l’intégration européenne au moment de l’intervention du FMI. En articulant des concepts théoriques issus de la sociologie des organisations internationales, de la sociologie politique de l’État, de la sociologie politique de l’économie et de l’analyse de discours, cette thèse étudie l’évolution – les changements autant que les continuités – du discours et de la pratique du Fonds en matière de réformes des finances publiques nationales, d’une part d’une crise européenne à une autre, et d’autre part dans les contextes européens au regard de sa pratique passée dans des États du sud global. Derrière l’évolution discursive et matérielle de l’organisation internationale, il s’agit d’appréhender l’imaginaire politique – et plus spécifiquement l’imaginaire quant au rôle politico-économique de l’État – qui a guidé ses préconisations de réformes. Ce sont donc plus fondamentalement les transformations des formes de l’État européen et des modes légitimes de gouvernement de l’économie recherchées dans ces interventions, qui ont fait l’objet de l’analyse.À partir d’une méthodologie croisant une analyse lexicométrique du discours institutionnel matérialisé dans un corpus de 233 textes produits par l’organisation internationale, une analyse de documents institutionnels, et des entretiens menés avec des acteurs du FMI, des acteurs des institutions européennes et des acteurs politiques et technocrates bulgares et grecs ayant participé aux processus de négociation et de décision au cours des gestions de crise, cette thèse met en lumière les formes prises par ces imaginaires politiques qui ont sous-tendu les principales réformes en matière de finances publiques – et en particulier en matière de politique budgétaire et monétaire – dans les deux États étudiés. Elle identifie ces imaginaires dans les problématisations et dans les catégorisations – élaborées non plus seulement à partir de critères économico-financiers, mais également moraux – des États en crise à l’œuvre dans le discours institutionnel. Elle identifie au cœur des deux ensembles de réformes des finances publiques nationales, la centralité de la dépolitisation néolibérale de l’économie, entendue comme un imaginaire autant que comme un processus discursif et matériel qui a pour objet de naturaliser les processus économiques et de déconflictualiser le monde social. |



