par Ragot, Adélaïde
;Vrydagh, Fanny
;Grulois, Geoffrey 
Référence Qui gouverne la ville ? (23/04/2026: ULiège)
Publication Non publié, 2026-06-23
;Vrydagh, Fanny
;Grulois, Geoffrey 
Référence Qui gouverne la ville ? (23/04/2026: ULiège)
Publication Non publié, 2026-06-23
Communication à un colloque
| Résumé : | À Bruxelles, l’adaptation au changement climatique se déploie dans un contexte de forte fragmentation institutionnelle, de contraintes budgétaires croissantes et de vulnérabilités socio-environnementales marquées. Depuis les années 1990, la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) a développé une série d’instruments de rénovation urbaine (Contrats de Quartier Durables, Contrats de Rénovation Urbaine, etc.), auxquels s’ajoutent désormais le Plan Air-Climat-Énergie (PACE, 2023) et les Plans d’Action Climat (PAC) communaux, soutenus techniquement et financièrement par la Région. Ces dispositifs coexistent dans un paysage institutionnel décrit par les acteurs comme une véritable « lasagne institutionnelle », où se superposent niveaux de pouvoir, normes et financements. La communication propose d’interroger, à partir du cas bruxellois, qui gouverne réellement l’adaptation climatique de la ville : la Région, les communes, les instruments de rénovation urbaine ou les acteurs techniques qui bricolent des solutions dans les interstices du système ? Elle s’inscrit pleinement dans les enjeux du colloque « Qui gouverne la ville ? Entre fragmentation et concentration du pouvoir urbain », en analysant comment les transformations de l’action climatique reconfigurent la distribution du pouvoir entre institutions locales, opérateurs supra-communaux et dispositifs d’urbanisme.L’empirie repose sur une enquête menée à l’été 2025 auprès de cinq communes bruxelloises dotées d’un PAC (Saint-Gilles, Forest, Ixelles, Schaerbeek et Ville de Bruxelles), sélectionnées pour la diversité de leurs enjeux climatiques, sociaux et urbanistiques, ainsi que pour la présence d’outils de rénovation urbaine. La méthode s’appuie principalement sur :- des entretiens semi-directifs avec les coordinateur·rices PAC ;- des échanges avec les responsables des dispositifs de rénovation urbaine ;- des entretiens avec Bruxelles Environnement concernant l’accompagnement, les attentes et les marges de manœuvre offertes aux communes. Les résultats mettent en évidence une stratégie d’implémentation “opportuniste” et incrémentale des PAC qui correspond à une “science de la débrouille” plutôt qu'à une planification rationnelle sur le long terme. Faute de moyens structurels et de savoir sur le long terme, les communes insèrent des mesures d’adaptation dans des projets déjà programmés (réaménagements d’espaces publics, opérations de rénovation urbaine, appels à projets), selon les opportunités de financement et des coalitions entre les acteurs des administrations à court terme. Cette logique permet une diffusion transversale des enjeux climatiques mais produit une action fragmentée, dépendante des cycles politiques et budgétaires, et rarement arrimée à une vision stratégique de long terme. |



