Résumé : Le 13 octobre 2024, 252 élections communales se sont tenues en Wallonie (hors communauté germanophone) et 19 en région bruxelloise. Ces élections se déroulaient quelques mois après les élections fédérale, régionales et européennes du 9 juin 2024, dont les résultats ont profondément modifié l’équilibre des forces politiques en Belgique francophone. En juillet 2024, la nouvelle coalition « Azur » rassemblant le Mouvement réformateur et Les Engagés annonçait des politiques de « rupture » en Wallonie. Cet ouvrage analyse les dynamiques d’offre et de compétition électorales dans 271 communes de Wallonie et de Bruxelles à l’aune de ce contexte, et en comparaison avec les scrutins locaux de 2012 et 2018.Il propose une lecture intégrée des recompositions locales, à la croisée des ressources, des règles et des territoires. Les chapitres de ce volume montrent tout d’abord une compétition locale qui se resserre : le nombre de listes et de candidats est en nette baisse par rapport aux scrutinsprécédents. Ensuite, l’ouvrage suggère une « hybridation » de l’offre électorale locale. Les labels partisans s’estompent au profit d’une offre plus « ouverte » et « citoyenne » ; mais dans le même temps, l’offre électorale purement citoyenne, locale ou indépendante diminue. En réalité, derrière ces labellisations et via diverses stratégies d’alliances, les organisations partisanes traditionnelles renforcent leur emprise sur le niveau local. Enfin, si les réformes électorales contribuent à un lent renouvellement des élites locales – notamment via une féminisation des mandats – et à un contrôle démocratique renforcé, les règles institutionnelles se heurtent encore à des freins symboliques et aux pratiques des acteurs politiques, souvent plus soucieux de maintenir le statu quo que d’insuffler un véritable renouveau démocratique.